Le fort ralentissement des ventes de Burberry jette un froid dans le luxe

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POSSIBLE IMPACT DANS LE LUXE DE L'ANNONCE DU FORT RALENTISSMEENT DES VENTES DE BURBERRY
POSSIBLE IMPACT DANS LE LUXE DE L'ANNONCE DU FORT RALENTISSMEENT DES VENTES DE BURBERRY

par Pascale Denis et Astrid Wendlandt

PARIS (Reuters) - L'avertissement lancé par Burberry pourrait affecter à court terme le marché des fusions-acquisitions ou celui des introductions en Bourse dans le secteur du luxe, estime Marco Belletti, responsable de la banque de financement et d'investissement pour le luxe et les biens de consommation à la Société générale.

Le marché pourrait ainsi attendre les prochains chiffres trimestriels des groupes LVMH, propriétaire de Louis Vuitton, PPR (Gucci) ou Hermès pour avoir une vision plus claire des tendances du secteur.

En faisant état d'un fort ralentissement de ses ventes ces dernières semaines, Burberry a jeté un froid. Il a de surcroît affirmé qu'il n'était "probablement pas le seul" à être touché par le ralentissement généralisé de ses grands marchés que sont la Chine, l'Europe et les Etats-Unis.

"Les prochains mois seront déterminants, notamment pour voir comment le marché va se comporter", a déclaré Marco Belletti à l'occasion du sommet sur les biens de consommation et la distribution organisé par Reuters.

"A court terme, les valorisations pourraient être affectées, mais les opérations à visées stratégiques se feront."

Selon les analystes, Moleskine, le spécialiste des carnets de notes fermés par un élastique, pourrait être candidat à une introduction en Bourse. Quant à Monclerc, fabricant de doudounes de luxe, son nouvel actionnaire de référence Eurazeo n'a pas écarté une éventuelle mise sur le marché.

A moyen-long terme, le mouvement de consolidation devrait se poursuivre, notamment pour les "petites" maisons qui n'ont pas la taille critique et les moyens financiers nécessaires à leur internationalisation.

APPÉTITS ASIATIQUES ET MOYEN-ORIENTAUX

"Le processus de consolidation va continuer. Beaucoup de maisons n'ont pas les moyens de grandir à l'étranger, notamment dans les marchés émergents", a souligné Marco Belletti.

La maison de couture italienne Versace est à la recherche d'un investisseur, tandis que le marché spécule sur une cession de l'allemand Hugo Boss, propriété du fonds Permira.

L'appétit d'acquisition des investisseurs asiatiques et moyen-orientaux reste intact, selon Marco Belletti.

La famille régnante du Qatar, qui ambitionne de constituer sa propre marque de luxe, a acquis la maison de couture italienne Valentino en juillet, après avoir acheté le maroquinier français Le Tanneur. Fung Brands, de Hong Kong, a racheté en février la majorité du capital de Sonia Rykiel.

Pour Marco Belletti, le possible trou d'air qui touche aujourd'hui le luxe ne remet pas en cause les atouts de long terme d'un secteur qui dispose encore d'importantes réserves de croissance, notamment en Asie du Sud-Est.

"Dans certains pays comme l'Indonésie, la demande va exploser", a-t-il souligné.

Edité par Dominique Rodriguez

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