Le foot et le Front populaire

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Le foot et le Front populaire
Le foot et le Front populaire

À bien y réfléchir, le Front populaire semble la démonstration parfaite que durant le XXe siècle, la France préféra, de loin, les passions politiques aux derbys du samedi soir. Chaque pays constitue sa culture nationale comme il l'entend après tout. Mais le football et Léon Blum sont-ils donc si limpidement condamnés à s'ignorer ? Tentons le raccourci historique…

Il y a quatre-vingts ans, le Front populaire, conglomérat des forces de gauches (SIO, PCF et radicaux) remportait les élections législatives. À contre-courant de ce qui se déroulait dans le reste de l'Europe, où triomphaient les totalitarismes d'extrême-droite, en France s'ouvrait donc une expérience politique unique qui allait nous léguer quelques "acquis sociaux" et un bel album sépia de mythologies politiques (via les photos de Willy Ronis notamment). Ce grand moment où le petit peuple se dit que "tout était possible" (pour reprendre l'expression du socialiste Marceau Pivert, qui doit fortement inspirer Pascal Dupraz) reste une référence quasi indiscutable. Bref un beau "mythe mobilisateur" dans un pays qui a l'égalité et le tropisme révolutionnaire chevillés à son patrimoine culturel (respect à Fernand Braudel et Emmanuel Todd au passage). Toutefois, en face, cette période marque aussi les débuts du foot pro, l'accueil d'une Coupe du monde à domicile, et évidemment la fondation de l'US Créteil... Tous ces grands évènements ont-ils pu cohabiter sans se croiser ? 10 éléments de réponses et de propagande.

  • 1 - Paris capitale

    3 mai 1936. Le second tour des élections envoient à l'Assemblée nationale une nette majorité de députés se réclamant du Front populaire (dont 72 communistes et 149 socialistes). Ce même jour, au Stade Yves du Manoir, à Colombes, Roger Couard (un des héros oubliés du foot pied-noir et du RUA si cher à Albert Camus) expédie à la 67e minute le cuir dans les filets du FCO Charleville, offrant ainsi au Racing Club de Paris un doublé inespéré, devant 40 000 spectateurs et Albert Lebrun, président "honorifique" de la République. Souvenirs quelque peu brumeux, mais bien avant que le PSG ne règne sans partage, le Racing a déjà porté très haut les couleurs de Paname. "Les pingouins" raflent notamment à la barbe du LOSC le quatrième championnat pro, grâce, en particulier, à la rigueur de leur entraîneur anglais, George Kimpton, adepte d'un WM sobre et efficace. Les gars qui officient alors dans l'ancien Parc des Princes peuvent aussi compter sur leur stars autrichiennes, "Rudi" Hiden, goal de la fameuse Wunderteam, et Gusti Jordan. Sans oublier leur international Émile Veinante, un de ces joueurs français nés…



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