Le fonds américain Psam organise la fronde chez Vivendi

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* Le fonds Psam réclame un dividende spécial d'un total de 9 mds * Lance une campagne pour rallier d'autres actionnaires * L'initiative a peu de chances d'aboutir, estiment les analystes par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud PARIS, 24 mars (Reuters) - Le fonds spéculatif P. Schoenfeld Asset Management (Psam) veut convaincre d'autres investisseurs de Vivendi VIV.PA de soutenir sa requête d'une plus large redistribution aux actionnaires du trésor de guerre accumulé par le groupe après une cascade de cessions. Le fonds américain, qui détient environ 0,8% de Vivendi, est le premier actionnaire à contester ouvertement la stratégie du groupe de médias depuis l'arrivée à sa tête de l'entrepreneur milliardaire Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance et premier actionnaire avec plus de 8% du capital. Psam, qui est entré au capital de Vivendi en juillet 2012, a annoncé lundi soir avoir déposé deux résolutions en vue de l'assemblée générale du 17 avril réclamant la distribution de dividendes spéciaux d'un total de 9 milliards d'euros pour doper un titre qu'il juge sous-évalué. ID:nL6N0WP1OD Vivendi a prévu de retourner à ses investisseurs quelque 5,7 milliards d'euros d'ici mi-2017 après avoir accumulé un trésor de guerre représentant potentiellement 15 milliards d'euros, selon des estimations d'analystes. ID:nL5N0W15MA "Toute la question est de savoir quelle part de cet argent doit être retourné aux actionnaires plutôt que de rester dans les caisses du groupe", a expliqué Peter Schoenfeld, fondateur et dirigeant du fonds, à des journalistes à Paris. Il juge "irrationnel" le montant de la trésorerie nette accumulée au bilan du groupe, plus de 40% de sa capitalisation boursière selon ses estimations, et refuse de laisser un "chèque en blanc" à ses dirigeants pour utiliser cette manne exceptionnelle. "Nous allons nous rapprocher activement des actionnaires pour tenter de les convaincre", a expliqué Peter Schoenfeld, qui a cependant reconnu que la campagne s'annonçait ardue. PEU DE CHANCES D'ABOUTIR De l'avis de plusieurs analystes, si l'initiative du fonds a peu de chances d'aboutir, elle met en revanche en lumière de possibles divergences d'intérêt entre les actionnaires minoritaires et Vincent Bolloré. "Bolloré a un horizon de temps qui n'est probablement pas celui des actionnaires minoritaires", estime Stéphane Beyazian, analyste à Raymond James, selon lequel la stratégie de l'homme d'affaires pourrait consister à se renforcer au capital de Vivendi au fil du temps lorsque l'action Vivendi sera revenue à un cours de Bourse plus abordable qu'actuellement. L'industriel breton a pris le contrôle du groupe publicitaire Havas HAVA.PA , dont il détient depuis peu plus de 80%, dix ans après y être entré, rappelle-t-il. Psam se défend pour sa part d'être un fonds activiste, expliquant n'avoir ouvertement contesté la stratégie de sociétés dans lesquelles il avait investi qu'à de rares occasions, avec succès par exemple dans le cas du rachat de MetroPCS par T-Mobile USA. Dans le cas de Vivendi, si le fonds assure concentrer ses requêtes sur la questions du dividende, il ne se prive pas néanmoins de déplorer le manque d'informations données par Vivendi sur sa stratégie. Vincent Bolloré a jusque-là livré quelques rares indices sur ses intentions, évoquant sa volonté de créer des synergies entre les activités du groupe dans la télévision et la musique, ou encore son projet de faire naître un Bertelsmann à la française. La comparaison laisse cependant dubitatif le fonds américain, qui rappelle que le conglomérat allemand est un groupe familial non coté en Bourse. "J'espère que Vincent Bolloré n'a pas pour projet de diriger Vivendi comme un groupe non coté", a lancé Peter Schoenfeld. Le fonds déplore également que la valeur du bijou Universal Music Group, numéro un mondial de la musique, soit masquée dans sa configuration actuelle au sein de Vivendi, et plaide pour qu'une meilleure lisibilité lui soit donnée, par exemple via une scission ou une introduction en Bourse. Personne n'était disponible dans l'immédiat chez Vivendi pour apporter un commentaire à ces informations. Lundi, le groupe avait dénoncé dans un communiqué des "tentatives de démantèlement" du groupe, tout en réaffirmant sa stratégie. * Le communiqué de Psam : http://bit.ly/1y0aKNF (Edité par Dominique Rodriguez)


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