Le fondateur de Poly Implant Prothèse remis en liberté

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JEAN-CLAUDE MAS REMIS EN LIBERTÉ
JEAN-CLAUDE MAS REMIS EN LIBERTÉ

MARSEILLE (Reuters) - Jean-Claude Mas, le fondateur de la société Poly Implant Prothèse (PIP) au centre d'un scandale de prothèses mammaires défectueuses, doit être remis lundi en liberté sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de source proche du dossier.

Il devrait quitter dans l'après-midi le centre de détention du Pontet (Vaucluse) où il est actuellement incarcéré.

Le juge Pierre Philipon, en charge de l'enquête sur le volet financier de l'affaire, a signé l'ordonnance de remise en liberté assortie d'un contrôle judiciaire dont les modalités n'ont pas été précisées.

Jean-Claude Mas est détenu depuis le 6 mars dernier parce qu'il ne s'est pas acquitté de ses obligations de verser le premier quart d'une caution de 100.000 euros.

L'ancien patron de la société qu'il a créée à la Seyne-sur-Mer (Var) devait sortir de détention provisoire au début du mois de juillet mais le juge avait décidé son maintien en détention. Il l'avait également mis en examen pour abus de biens sociaux, blanchiment et blanchiment de fraude fiscale.

Le doyen des juges d'instruction marseillais a cette fois accédé à la demande de remise en liberté déposée le 17 octobre par Me Yves Haddad, son défenseur.

Agé de 73 ans, Jean-Claude Mas a été mis en examen le 27 janvier pour blessures involontaires. Il a admis avoir utilisé un gel non conforme pour la fabrication de ses prothèses, tout en récusant une dangerosité supérieure aux autres prothèses.

Laurent Gaudon , l'avocat marseillais de plusieurs victimes, ne s'est pas montré choqué par cette remise en liberté.

"Au nom des victimes, on est satisfaits que les juges marseillais aient gardé Jean-Claude Mas en détention autant que ce que l'autorisait la loi. On a aujourd'hui l'angoisse que M. Mas ne se vienne pas au procès", a-t-il dit à Reuters.

PROCÈS EN 2013.

Le procès sur ce premier volet de l'affaire des prothèses mammaires défectueuses PIP se déroulera dans des conditions exceptionnelles du 17 avril au 14 mai 2013 à Marseille, 4.500 plaintes pour "tromperie aggravée" ayant été déposées.

Le Palais de l'Europe du Parc Chanot de Marseille, un des centres de congrès de la cité phocéenne, deviendra une annexe du tribunal correctionnel dans une salle modulable pouvant accueillir entre 4.000 et 10.000 personnes.

Le procès concernera une demi-douzaine de personnes, dont les principaux dirigeants de PIP, Jean-Claude Mas en tête, ainsi que les cadres responsables de la production de prothèses mammaires défectueuses.

Les prévenus encourent une peine maximale de cinq ans de détention et d'importantes amendes financières.

Une information judiciaire pour "blessures involontaires" ouverte dans ce même dossier par le parquet de Marseille est toujours en cours d'instruction.

Plus de 300.000 femmes auraient subi dans le monde l'implantation de prothèses de la société française créée en 1991 et mise en liquidation en 2010.

PIP aurait vendu ses implants dans environ 65 pays, des exportations majoritairement en Amérique du Sud, mais aussi en Europe (France, Grande-Bretagne, Belgique, Espagne, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Italie), au Moyen-Orient (de la Turquie à la Syrie) et en Asie (de la Thaïlande à la Chine).

Le gouvernement français a recommandé, par précaution, le 24 décembre 2011, le retrait des implants PIP par les femmes concernées dont le nombre en France est estimé à 30.000.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

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