Le fonctionnement de la DCRI épinglé dans l'affaire Merah

le
2

PARIS (Reuters) - Un des avocats des familles des victimes de Mohamed Merah a réclamé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire après de nouvelles informations faisant état de failles dans la surveillance du jeune militant islamiste par les services de la sécurité intérieure (DCRI).

Selon les quotidiens Libération et le Parisien-Aujourd'hui en France de jeudi, les agents toulousains chargés du suivi de Mohamed Merah, le patron local de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et un brigadier du nom d'Hassan, ont demandé sans succès en juin 2011 à leurs supérieurs parisiens l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre.

Les deux quotidiens, qui s'appuient sur des procès verbaux d'audition de ces agents toulousains devant le juge d'instruction antiterroriste Christophe Teissier, indiquent que ceux-ci n'ont reçu aucune réponse.

Selon ces procès verbaux, Mohamed Merah, qui tué trois militaires puis trois enfants et un adulte dans une école juive, à Montauban et Toulouse en mars dernier, était surveillé depuis début 2011 après un séjour en Afghanistan.

Cité par Le Parisien, "Hassan" a déclaré au juge qu'il avait signalé "une personne paranoïaque, dangereuse en raison de ses séjours et de son engagement religieux radical" à l'appui de sa demande d'enquête.

Cinq mois plus tard, de retour d'un séjour au Pakistan, Mohamed Merah sera entendu par des policiers de la DCRI venus de Paris, qui déclarent n'avoir pu établir aucun lien avec un réseau djihadiste, avec pour conséquence un arrêt de sa surveillance.

Ces policiers vont jusqu'à demander à la DCRI de Toulouse une évaluation de Mohamed Merah en vue d'un éventuel recrutement comme indicateur.

"LOUP SOLITAIRE"

Dernier élément du dossier, la hiérarchie de la DCRI demandera au responsable de l'antenne régionale de se concentrer sur la piste d'extrême droite après les sept meurtres de Toulouse et Montauban alors qu'il avait fait part de ses soupçons sur le profil "islamiste" du tueur recherché.

"Dans cette affaire, on a le sentiment que, plus on avance, plus on a de questions", a déclaré à Libération Patrick Klugman, un avocat des familles des victimes de l'école juive, qui réclame une commission d'enquête parlementaire pour établir les responsabilités .

"L'Inspection générale de la police nationale fait un rapport, mais sans avoir eu accès au dossier judiciaire. Les juges enquêtent, mais ils doivent fonctionner sans avoir accès à la totalité des éléments de la DCRI. La DCRI, de son côté, présente deux versions contradictoires, une toulousaine, une autre nationale (...) on ne peut plus fonctionner comme cela!"

Sur France Inter, jeudi matin, il s'en est pris violemment à Bernard Squarcini, l'ancien patron de la DCRI. "Je comprends surtout qu'il y a un loup solitaire dans l'affaire Merah, qui n'est pas Mohamed Merah, qui est M. Squarcini, qui s'évertue depuis le début de cette affaire, depuis le 20 mars, à nous raconter n'importe quoi", a-t-il dit.

Interrogé sur RTL, l'ancien ministre de l'intérieur Claude Guéant est venu au secours de la DCRI.

"Il est vrai que Merah a fait l'objet de beaucoup d'observations, ça veut dire que les services étaient sur ses traces, mais que jamais son comportement n'a révélé de dangerosité", a-t-il assuré.

"Il peut y avoir des hésitations, il peut y avoir après coup une réécriture de l'histoire. C'est vrai qu'un signal qui n'a pas de signification il y a un an, il y a deux ans, peut en trouver plus tard quand un drame comme celui là s'est passé", a ajouté Claude Guéant.

Yann Le Guernigou, édité par Danielle Rouquié

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jean-648 le jeudi 1 nov 2012 à 13:18

    Chatnour: Rien à voir avec le sujet; Faut relire la question et si on ne la comprend pas, faut s'abstenir d'écrire.

  • chatnour le jeudi 1 nov 2012 à 13:02

    TOUS A LA MANIF LE 10 NOVEMBRE ALLAH CONCORDE A 14 HEURES ! http://www.resistancerepublicaine.eu/2012/marche-contre-le-fascisme-islamiste-le-10-novembre-a-paris/