Le FN pousse deux fidèles de Jean-Marie Le Pen vers la sortie

le , mis à jour à 19:52
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 (Actualisé avec réactions Gollnisch et Arnautu) 
    PARIS, 2 mai (Reuters) - Marine Le Pen a profité du défi 
lancé par Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu, qui se 
sont affichés dimanche avec son père Jean-Marie Le Pen, pour 
pousser vers la sortie les derniers fidèles du co-fondateur du 
parti. 
    Le bureau politique a sommé lundi les deux députés européens 
de démissionner des instances du FN, à savoir le bureau 
politique pour Bruno Gollnisch et le bureau politique et le 
bureau exécutif pour Marie-Christine Arnautu, vice-présidente. 
    Dénonçant une purge, Marie-Christine Arnautu a affirmé 
qu'elle ne démissionnerait pas d'elle-même et que le parti 
devrait engager une procédure d'exclusion s'il voulait aller au 
bout de ses menaces. 
    "Je n'accepte pas une certaine purge, j'ai la conscience 
tranquille. Je ne démissionnerai pas, il va falloir qu'ils 
m'excluent", a-t-elle déclaré à des journalistes. 
    Invité sur BFM TV, Bruno Gollnisch a indiqué qu'il réservait 
sa réponse et voulait prendre le temps de consulter ses 
"collègues".  
    "C'est une tempête dans un verre d'eau", a-t-il dit, jugeant 
qu'il n'y avait rien d'anormal à conserver un lien personnel 
avec Jean-Marie Le Pen tout en soutenant la ligne imposée par sa 
fille. "Je souhaite qu'elle gagne en 2017", a-t-il affirmé.  
    Dans un communiqué, le bureau politique du FN avait 
auparavant constaté "le caractère inacceptable de la 
participation de membres du Conseil d'administration du Front 
National à une manifestation politique réunissant un grand 
nombre d'organisations et de personnalités violemment hostiles 
au Front National". 
    "Des critiques virulentes ont été formulées à l'égard du 
Front National, de sa ligne politique et de sa présidente", 
ajoute-t-il. 
    La semaine dernière, Marine Le Pen avait prévenu les 
derniers fidèles de son père, exclu du parti en août 2015, 
qu'ils devraient choisir leur camp le 1er mai et que ceux qui 
célébreraient Jeanne d'Arc place des Pyramides aux côtés du 
patriarche passeraient en commission de discipline.  
    Or, Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu, ainsi que 
Mireille d'Ornano, députée européenne, sont montés à la tribune 
dimanche matin aux côtés de Jean-Marie Le Pen, âgé de 87 ans. 
    Ils ont pu écouter celui qui reste président d'honneur du FN 
fustiger la "diabolique stratégie" de "dédiabolisation" mise en 
oeuvre par sa fille et qui la conduira, selon lui, vers la 
défaite à la présidentielle de 2017, peut-être même au premier 
tour. 
    Marine Le Pen avait déposé au même moment une gerbe sous une 
autre statue de Jeanne d'Arc, place Saint Augustin, afin 
d'éviter de croiser le fer avec son père, qui lui a reproché 
d'avoir renoncé au défilé en l'honneur de l'héroïne.  
    Ce défilé a été remplacé par un banquet "patriote" qui a 
rassemblé plus de 2.000 cadres et militants du parti porte de la 
Villette à Paris.   
    Ce changement de formule a été justifié par des raisons de 
sécurité après des menaces de l'Etat islamique (EI) visant le 
FN. Mais il s'agissait surtout d'éviter que Jean-Marie Le Pen ou 
des groupes d'extrême droite ne troublent le défilé. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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