Le FN cible le vote des banlieues et des musulmans en Ile-de-France

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* La liste FN en IDF en troisième position dans les sondages * Le parti va s'adresser aux habitants des zones sensibles * "Le vote des Français musulmans nous intéresse"-Saint-Just par Gérard Bon PARIS, 8 octobre (Reuters) - Wallerand de Saint-Just, chef de file du Front national en Ile-de-France, mise notamment sur une progression du vote FN dans les banlieues, en particulier chez les Français de confession musulmane, pour compenser sa faible implantation à Paris. Quelque peu éclipsé par le duel entre la candidate des Républicains Valérie Pécresse et le socialiste Claude Bartolone, le candidat frontiste, jusque-là peu connu des Franciliens, ne cesse de gagner du terrain au fil des sondages. Dans une enquête Odoxa publiée au début du mois, sa liste est créditée de 20% des intentions de vote au premier tour, derrière celles de Claude Bartolone (24%) et de Valérie Pécresse (34%), mais deux fois plus qu'aux régionales de 2010 (9,29%). Le parti de Marine Le Pen a obtenu 17,5% en Ile-de-France aux européennes de 2014 et 6,5% aux municipales de 2014 à Paris. "Plus on s'éloigne de Paris, meilleur c'est pour nous", dit à Reuters Wallerand de Saint-Just, qui reproche à l'ancien maire PS Bertrand Delanoë d'avoir "transformé la sociologie parisienne", la capitale ayant perdu ses classes populaires. Pour élargir sa base électorale, le FN compte s'adresser aux habitants des 203 zones urbaines sensibles de la région parisienne, en particulier à ceux de confession musulmane, en profitant d'une distribution spéciale par la poste. "Le vote de nos compatriotes de confession musulmane nous intéresse. Il y aura un mot pour eux. On va leur dire qu'ils sont autant français que les autres et qu'ils doivent respecter les règles de la laïcité", explique Wallerand de Saint-Just. Le FN dit avoir constaté ces dernières années une progression du vote des Français musulmans en sa faveur, sans doute parce qu'ils partagent les mêmes craintes que d'autres électeurs en matière d'insécurité, d'emploi, et partagent ses positions sur les questions de société. "UNE POSTURE MARKETING" "Nous avons atteint 49% au second tour aux départementales à Montfermeil", ville sensible de Seine-Saint-Denis, souligne Wallerand de Saint-Just, qui veut déconstruire le mythe que le FN et les banlieues sont incompatibles. Pour cet ancien avocat, le FN a toujours tenu "un équilibre complet" à l'égard du monde musulman en dépit de ses positions jugées extrêmes par ses adversaires sur l'immigration. "C'est vieux comme problématique. Mais nous voudrions apporter des éléments de solution", dit-il. "On parle d'assimilation. Ceux qui acquièrent la nationalité française, dans le temps, ne seront heureux que lorsqu'ils auront adopté le plus possible les us et coutumes françaises." Gaël Slimane, président de l'institut Odoxa, voit cependant dans la démarche du FN une "posture marketing". "Qu'ils puisent dire qu'ils iront chercher le vote des musulmans, c'est une manière de dire qu'ils n'ont rien de xénophobe ou de raciste", dit-il à Reuters. "Si l'on se réfère aux données électorales et aux enquêtes Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po-NDLR), notamment aux deux dernières présidentielles, ce n'est pas vraiment une zone de force sociologique pour le FN, ni les populations d'origine musulmane, ni les banlieues", ajoute-t-il. Gaël Slimane souligne que le FN réalise de très bons scores dans les territoires ruraux et péri-urbains, à 30 ou 40 kilomètres des grands centres urbains, "auprès de catégories de populations qui se sentent déclassées". UNE ALLIANCE AVEC "DEBOUT LA FRANCE" ? Wallerand de Saint-Just estime que sa récente mise en examen dans l'enquête sur le financement des campagnes électorales du parti en 2012 n'aura pas d'impact sur l'électorat francilien. Il juge, en revanche, la position de son concurrent Claude Bartolone plus délicate : "Je serais beaucoup plus embêté d'avoir contre moi un rapport de la chambre régionale des comptes comme c'est le cas pour Claude Bartolone". "Là, il y a des critiques, des accusations définitives", ajoute-t-il, tout en refusant d'épingler le président de l'Assemblée nationale sur l'enquête préliminaire ouverte dans le fil de la publication de ce rapport par le parquet Bobigny. "Je n'attaquerai pas Claude Bartolone sur ce plan là, je sais trop comment c'est", dit-il. Le président de l'Assemblée nationale a dit mardi accueillir avec "sérénité" la révélation d'une enquête préliminaire ouverte sur un possible recrutement fictif au conseil général de Seine-Saint-Denis quand il le dirigeait. ID:nL8N1262QU Wallerand de Saint-Just, qui vise un groupe au sein de la future assemblée, estime qu'il pourrait arriver en seconde position en cas de fusion entre les deux tours avec la liste du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, crédité de 7% à 8%. Mais pour le dirigeant frontiste, une telle option n'est envisageable que sur la base "d'un accord préalable" avant le scrutin régional et non au soir du premier tour. Le président de Debout la France a récemment déclaré qu'il "ne faut jamais dire jamais à un rapprochement avec le FN", mais a souhaité que "le rassemblement patriotique nécessaire à la France s'organise" autour de lui. (avec Ingrid Melander, édité par Yves Clarisse)

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