Le FMI voit une hausse des risques sur la stabilité financière

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 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    par David Lawder 
    WASHINGTON, 13 avril (Reuters) - Le calme est revenu sur les 
marchés financiers mondiaux après les turbulences du début de 
l'année mais il faut faire davantage pour assurer la stabilité 
financière dans le monde dans un contexte de ralentissement de 
la croissance, de faiblesse des cours des matières premières et 
d'inquiétudes sur l'économie chinoise, prévient le Fonds 
monétaire international mercredi.  
    Dans son Rapport sur la stabilité financière dans le monde, 
l'organisation dit avoir observé une montée des risques auxquels 
est exposé le système financier depuis la publication du 
précédent rapport, en octobre. 
    Elle estime que les perturbations des marchés pourraient 
aisément être de retour et s'intensifier si rien n'est fait pour 
assainir le bilan des banques, notamment en Chine et en Europe.  
    "Sans ces mesures, les turbulences risquent de s'emparer de 
nouveau des marchés", lit-on dans le rapport. "Dans cette 
conjoncture, la montée des primes de risque pourrait durcir 
davantage les conditions financières et créer un cercle vicieux 
de crise de confiance, d'affaiblissement de la croissance, de 
repli de l'inflation et d'alourdissement de la dette."  
    "Les perturbations des marchés mondiaux des actifs 
pourraient accroître le risque d'un ralentissement plus grave et 
persistant marqué par une stagnation économique et financière", 
ajoute le FMI. 
    Les inquiétudes face au ralentissement de la croissance 
chinoise et de la transition du pays vers une économie plus 
orientée vers la consommation ont contribué à déclencher la 
dernière crise financière dit le FMI, qui note que les 
difficultés des entreprises publiques chinoises pèsent sur les 
bilans des banques.  
    Dans son rapport, le Fonds estime que les prêts des banques 
aux entreprises potentiellement à risque en Chine pourraient se 
traduire par des pertes bancaires représentant environ 7% du 
produit intérieur brut du pays. 
    "Cela peut sembler un chiffre important mais il est gérable 
vu les réserves de fonds propres des banques et des institutions 
et la poursuite d'une forte croissance de l'économie", a dit 
Jose Vinals, responsable du département des marchés monétaires 
et de capitaux du FMI. 
    Ce rapport vient compléter les dernières perspectives 
économiques mondiales du FMI publiées mardi, dans lequel le 
Fonds a revu en baisse ses prévisions pour la croissance 
mondiale pour la quatrième fois en un an.   
    Il est publié alors que les ministres de Finances et les 
banquiers centraux se retrouvent à Washington cette semaine pour 
les rencontres de printemps du FMI, de la Banque mondiale et du 
G20. Les rencontres officielles auront lieu de vendredi à 
dimanche inclus. 
     
    TAUX NÉGATIFS ESSENTIELS POUR LA CROISSANCE 
    Le Rapport du FMI sur la stabilité financière affirme en 
outre que les politiques de taux d'intérêt négatifs, accompagnés 
de politiques de rachats d'obligations, sont "essentiels" pour 
soutenir la croissance économique.  
    Cette prise de position contraste avec celle du ministre 
allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui a critiqué les 
taux négatifs mis en place par la Banque centrale européenne, 
estimant qu'ils créaient des difficultés pour les banques et les 
épargnants allemands. 
    Tout en voyant leurs marges bénéficiaires baisser, les 
banques profiteront en dernier ressort de la reprise de la 
croissance et de leur capacité à réduire leurs coûts de 
financement, relève le FMI.  
    Jose Vinals, a précisé à la presse qu'elles bénéficieraient 
également de la revalorisation des actifs qu'elles détiennent, 
notamment les obligations souveraines. 
    Toutefois, si le scénario noir du FMI de crise des marchés 
se réalise, ses modèles prédisent une croissance mondiale 
amputée de 3,7 points de pourcentage sur cinq ans -- 
représentant la perte de près d'une année de croissance aux 
rythmes actuels.  
    A contrario, le Fond ajoute dans son rapport que toute 
action pour réduire les risques de liquidité, via la liquidation 
des créances douteuses héritées de la dernière crise financière 
dans les économies développées et la réduction de la 
vulnérabilité des banques dans les pays émergents, pourraient 
ajouter 1,7 point de pourcentage à la croissance annuelle, dans 
le scénario de base, d'ici 2018 -- soit environ la moitié de la 
croissance estimée pour cette année.  
    Le rapport évoque aussi la nécessité de consolider le 
secteur bancaire en Europe, estimant que les banques dont les 
modèles économiques ne sont plus viables à la suite de la crise 
financière représentent environ 15% des actifs bancaires dans 
les économies avancées.  
    Jose Vinals a déclaré par ailleurs à la presse qu'une sortie 
du Royaume-Uni de l'Union européenne serait un "choc négatif" 
pour les économies britanniques et européennes, comme pour le 
statut de centre financier international de Londres. 
 
 (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 
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