Le FMI revoit en hausse ses prévisions pour la zone euro

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LE FMI PLUS OPTIMISTE POUR LA ZONE EURO
LE FMI PLUS OPTIMISTE POUR LA ZONE EURO

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses prévisions de croissance en zone euro pour 2015 et 2016 pour tenir compte de l'impact de la baisse du pétrole et de l'euro et revu à la baisse ses anticipations pour le PIB américain, qui reste néanmoins selon lui dans une dynamique "robuste".

Dans ses dernières perspectives de l'économie mondiale publiées mardi, le FMI voit toujours un rythme de croissance globale quasi stable cette année par rapport à 2014, grâce à un rebond dans les pays avancés, qui permet de compenser un ralentissement dans les grandes économies émergentes.

Il table sur 3,5% de croissance mondiale en 2015, un niveau inchangé par rapport à ses attentes de début d'année, après 3,4% en 2014, puis sur une légère accélération en 2016, à 3,8% contre 3,7% prévu précédemment.

"Ce n'est pas mauvais mais ce n'est pas fantastique", a déclaré Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, alors que la directrice générale du Fonds, Christine Lagarde, s'inquiétait récemment des risques d'une "croissance médiocre" persistante pour l'économie mondiale.

La croissance des pays avancées atteindrait 2,4% cette année comme l'an prochain, des prévisions là aussi inchangées, contre 1,8% en 2014, alors que celles des émergents ralentirait à 4,3%, contre 4,6% un an plus tôt, avant de repartir à 4,7% en 2016.

Les principales révisions parmi les pays du G7 portent sur la zone euro, dont la croissance, dopée par le pétrole bon marché et l'euro faible, accélérerait de 0,9% en 2014 à 1,5% en 2015 (+0,3 point par rapport aux prévisions de janvier) puis à 1,6% l'an prochain (+0,2 point).

Les révisions à la hausse sont du même ordre de grandeur pour l'Allemagne (1,6% en 2015 et 1,7% en 2016) et la France (1,2% en 2015 et 1,5% en 2016).

Le Fonds est aussi plus optimiste pour le Japon, relevant ses anticipations de 0,4 point, à 1,0% pour 2015 et 1,2% pour 2016.

Mais il revient au niveau de ses prévisions de l'automne dernier pour la croissance américaine, qui a connu un début 2015 plus difficile que prévu du fait d'une météo défavorable : elle atteindrait 3,1% cette année, comme en 2016.

L'INDE PLUS DYNAMIQUE QUE LA CHINE

Olivier Blanchard estime que les Etats-Unis disposent des outils nécessaires si le renchérissement du dollar - de 25% contre l'euro et d'environ 10% contre le yen depuis début 2014 - devait avoir un impact sur leur économie, outils parmi lesquels figure la possibilité de retarder la hausse des taux programmée par la Réserve fédérale.

S'agissant des économies émergentes, le FMI ne change rien pour la Chine (PIB à +6,8% en 2015 et +6,3% 2016), qui se ferait doubler par l'Inde (7,5% en 2015 comme en 2016) en rythme de croissance.

L'activité de plusieurs régions souffrira de la chute de la rente pétrolière mais le Fonds juge que la baisse des cours du brut est positive pour l'économie mondiale: à son niveau actuel et dans l'hypothèse d'un rebond modéré jusqu'en 2020, l'impact sur la croissance globale de cette hausse, si elle devait être intégralement répercutée sur les prix, pourrait atteindre jusqu'à 1%, estime-t-il.

Mais il serait deux fois moindre si les pays qui subventionnent les produits pétroliers en profitent pour réduire leurs aides aux consommateurs.

Se faisant l'écho d'une étude publiée la semaine passée par le Fonds, Olivier Blanchard s'est inquiété des risques de baisse de la croissance potentielle de l'économie mondiale sous les effets combinés du vieillissement de la population, de la faiblesse de l'investissement et d'une productivité qui progresse peu.

S'y ajoute l'héritage de la crise financière et de celle de la zone euro, avec des systèmes bancaires encore fragiles et des niveaux d'endettement publics et privés élevés, qui continuent de peser sur la croissance de certains pays.

Pour y remédier, le FMI prône le maintien de politiques monétaires très accommodantes là ou c'est nécessaire et invite une nouvelle fois les gouvernements à mettre en oeuvre "d'urgence" des politiques favorables à la croissance sous la forme de réformes structurelles et d'investissements dans les infrastructures.

"Le menu adéquat diffère selon les pays", déclare Olivier Blanchard. "Au vu du coût politique à court terme de bon nombre de ces réformes, le défi sera de les choisir avec prudence".

(édité par Marc Angrand)

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