Le FMI réduit à nouveau ses perspectives de croissance

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LE FMI RÉVISE À LA BAISSE SES PRÉVISIONS DE CROISSANCE
LE FMI RÉVISE À LA BAISSE SES PRÉVISIONS DE CROISSANCE

par Emily Kaiser et Lesley Wroughton

TOKYO (Reuters) - Le Fonds monétaire international a annoncé mardi avoir réduit ses prévisions de croissance mondiale pour la deuxième fois depuis avril en soulignant qu'un retard des Etats-Unis et de l'Europe dans la résolution de leurs difficultés économiques risquerait de prolonger la morosité ambiante.

La croissance mondiale dans les pays développés est trop faible pour faire reculer le chômage, estime le FMI dans ses Perspectives économiques mondiales publiées mardi à l'occasion de son assemblée d'automne à Tokyo. Le Fonds souligne en outre que la petite activité visible vient principalement des banques centrales.

"Une question clé est de savoir si l'économie mondiale ne fait qu'être frappée par un nouvel épisode de turbulence dans ce qui a toujours été attendu comme une reprise lente et cahoteuse ou si le ralentissement actuel a une composante qui va durer plus longtemps", écrit le FMI qui souligne que les responsables américains et européens doivent se montrer actifs dans le traitement des difficultés économiques à court terme.

Le FMI prévoit désormais une croissance globale de 3,3% en 2012 contre une précédente estimation de 3,5%, ce qui en ferait la croissance la plus faible depuis 2009 quand le monde luttait pour s'extirper de la crise financière.

Pour 2013, le FMI attend une croissance mondiale de 3,6%, contre une prévision de 3,9% en juillet.

Aux Etats-Unis, la croissance est anticipée à un peu plus de 2% cette année et l'an prochain. La zone euro pour sa part doit s'attendre à une contraction de 0,4%, puis à une petite reprise de 0,2% en 2013.

En revanche, les marchés émergents devraient afficher une croissance quatre fois supérieure à celle des pays développés, même si le FMI a fortement réduit ses prévisions d'expansion pour l'Inde (4,9% au lieu de 6,1% pour 2012) et le Brésil. Ce dernier pays devrait finalement afficher cette année une croissance de 1,5%, inférieure à celle des Etats-Unis.

"SENTIMENT D'INCERTITUDE"

Le FMI a aussi réduit ses attentes pour la Chine (7,8% pour 2012 au lieu de 8%) et pour 2013 (8,2% contre 8,5% attendu) mais estime qu'il ne faut pas s'adonner au pessimisme pour les grands pays émergents.

"Soyons clairs. Nous ne voyons pas cela comme des signes d'un atterrissage difficile dans aucun de ces pays", a déclaré l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, lors d'un point de presse à propos de la Chine, de l'Inde et du Brésil.

Pour le FMI, les forces qui pèsent sur la croissance des pays développés n'ont pas changé par rapport à la crise de 2008 : assainissement budgétaire parfois douloureux et un système financier qui reste fragile.

A ces éléments "mécaniques", il faut ajouter "un sentiment général d'incertitude", estime Olivier Blanchard. L'objet de cette incertitude est difficile à cerner, souligne l'économiste.

Quant aux conditions financières, le FMI estime qu'elles devraient rester "très fragiles" à court terme. Il faudra du temps pour résoudre les problèmes de la zone euro et voir comment l'économie américaine va s'en sortir face à un alourdissement prévisible de la fiscalité et à la baisse attendue des dépenses publiques.

Pour les Etats-Unis, l'urgence est d'éviter le "mur budgétaire", qui, en l'absence d'accord entre la Maison blanche et le Congrès, entraînerait une hausse de la fiscalité et une baisse des dépenses publiques. Au pire, estime le FMI, cette situation pourrait se traduire par une ponction budgétaire représentant plus de 4% du PIB en 2013 et une stagnation de la croissance économique.

"Les deux parties (le Congrès et l'exécutif) devraient signaler qu'elles sont désireuses de parvenir à un compromis et qu'elles veulent que cela soit fait. Cela pourrait aider à la réduction du niveau d'incertitude qui affecte en ce moment les investisseurs et les consommateurs aux Etats-Unis", a déclaré e premier directeur général adjoint du FMI, David Lipton, dans un entretien à Reuters.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Véronique Tison

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