Le FMI redoute les retombées de l'impasse budgétaire américain

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WASHINGTON (Reuters) - Ne pas relever le plafond de la dette américaine risque d'être préjudiciable non seulement aux Etats-Unis mais au reste du monde, a déclaré jeudi la directrice générale du Fonds monétaire international.

"Il est absolument primordial de résoudre cela le plus vite possible", a dit Christine Lagarde, avant les assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale la semaine prochaine.

Christine Lagarde a expliqué que la croissance des Etats-Unis avait déjà été affectée par une consolidation budgétaire trop poussée et qu'elle serait inférieure à 2% cette année avant de remonter d'un point environ en 2014.

Le Congrès a imposé un séquestre - soit une réduction générale - des dépenses publiques cette année, n'ayant pu dégager de consensus sur un projet budgétaire global.

Evoquant le reste du monde, Christine Lagarde a observé une amélioration de la conjoncture en zone euro et au Japon, tout en notant qu'atteindre une croissance plus stable prendrait sans doute du temps.

Selon elle, la zone euro a sorti la tête de l'eau au printemps, après six trimestres de récession, et son économie devrait croître de près de 1% l'an prochain.

Le puissant stimulant monétaire injecté par le Japon dans son économie semble porter ses fruits, après des années de déflation et de croissance molle, mais Tokyo doit encore présenter un plan de réformes et de réduction de la dette sérieux, a encore dit Christine Lagarde.

Elle estime par ailleurs que la croissance des grandes économies émergentes risque d'être amputée d'un demi-point à un point entier en raison des turbulences déclenchées par la Réserve fédérale américaine lorsqu'elle a dit qu'elle envisageait de dénouer progressivement son programme de rachats d'actifs.

Christine Lagarde a aussi insisté sur la "zone de danger" constituée par la banque occulte ou parallèle (shadow banking), qui ne fait l'objet d'aucune réglementation officielle.

Aux Etats-Unis, la banque parallèle représente deux fois le secteur bancaire traditionnel et la moitié des crédits accordés en Chine cette année provient de la banque occulte, a-t-elle observé.

"Mettre ça en place dans un monde globalisé est un véritable casse-tête", a-t-elle admis au sujet de la réglementation financière. "Et pourtant, il faut le faire. C'est rien moins que la stabilité financière mondiale qui en dépend."

Anna Yukhananov, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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