Le FMI prône un assainissement et une consolidation des banques

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    par David Lawder 
    WASHINGTON, 5 octobre (Reuters) - Les banques européennes 
ont besoin de mesures "urgentes et exhaustives" pour traiter le 
problème des créances douteuses et revoir des modèles 
économiques inefficaces qui menacent de peser durablement sur 
leur rentabilité, a déclaré mercredi le Fonds monétaire 
international (FMI). 
    Dans la nouvelle édition de son Rapport sur la stabilité 
financière dans le monde, l'organisation juge qu'une rentabilité 
limitée par des taux d'intérêt bas et une croissance faible 
pourrait, à terme, éroder les bilans des banques européennes, 
nuire à leur capacité à soutenir la reprise économique et 
compromettre la stabilité.  
    Cet avertissement intervient alors que les marchés 
financiers s'inquiètent de la santé financière de Deutsche Bank 
 DBKGn.DE , la première banque allemande, menacée par la justice 
américaine d'une amende de 14 milliards de dollars (12,5 
milliards d'euros) dans un litige portant sur des produits 
financiers adossés à des prêts immobiliers commercialisés avant 
la crise financière.  
    Même si le rapport ne désigne nommément aucune banque en 
particulier, le dossier Deutsche Bank devrait être l'un des 
sujets de discussion des réunions du FMI, de la Banque mondiale 
et de l'Institut de finance international (IIF), l'une des 
principales fédérations bancaires du monde, dans les prochains 
jours à Washington.  
    Au cours d'une conférence de presse, Peter Dattels, le 
directeur adjoint du FMI en charges des marchés monétaires et de 
capitaux, a estimé que Deutsche devait "convaincre les 
investisseurs de la viabilité de son modèle économique et 
qu'elle a résolu les problèmes de risques opérationnels liés aux 
litiges".  
     
    "TROP D'AGENCES ET TROP PEU DE DÉPÔTS" 
    "Dans la zone euro, un excès de prêts non-performants et des 
handicaps structurels pour la rentabilité nécessitent des 
actions urgentes et exhaustives", estime le rapport du FMI. "La 
réduction des prêts non-performants et le traitement des manques 
de fonds propres des banques faibles sont une priorité." 
    Peter Dattels, devant la presse, a évalué le montant de ces 
prêts non-performants à environ 900 milliards d'euros en Europe. 
    Le rapport explique que de nombreuses banques européennes 
continuent de souffrir de problèmes hérités de la crise 
financière de la fin des années 2000. Même si une reprise 
cyclique devait s'amplifier dans la région, la rentabilité 
serait encore trop faible pour que ces établissements retrouvent 
une santé suffisante et résolvent leurs problèmes d'actifs à 
risque, ajoute-t-il.  
    Le FMI recommande donc aux autorités réglementaires et aux 
responsables politiques européennes de renforcer les régimes de 
traitement des défaillances d'entreprise afin de permettre aux  
banques de liquider plus rapidement les prêts non-performants. 
Il prône aussi un mouvement de consolidation impliquant les 
banques les plus faibles et une réduction des coûts.  
    "Il y a tout simplement trop d'agences avec trop peu de 
dépôts et trop de banques dont les coûts de financement sont 
bien supérieurs à ceux de leurs concurrentes", a déclaré Peter 
Dattels. "Il est vital de répondre aux défis des modèles 
économiques pour assurer une rentabilité durable." 
    Le FMI estime que l'adoption des mesures nécessaires 
pourrait se traduire par une augmentation de la rentabilité 
globale des banques européennes de 40 milliards de dollars (35,7 
milliards d'euros) par an. Conjugué à une reprise cyclique, cela 
pourrait faire passer la part des banques européennes 
considérées comme "saines" à 72%, contre 17% seulement l'an 
dernier, poursuit-il. 
    Au-delà des faiblesses mises en avant en Europe, le FMI juge 
que les risques globaux pesant sur la stabilité financière dans 
le monde ont reflué depuis son rapport d'avril. La remontée des 
cours des matières premières a profité à certains marchés 
émergents et les craintes d'un ralentissement de la croissance 
chinoise ont été en partie apaisées par les mesures de soutien à 
la croissance, explique-t-il. 
    Il ajoute que le choc initial provoqué par le vote 
britannique du 23 juin pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union 
européenne a été bien encaissé par les marchés et n'a pas 
déclenché de mouvement de contagion, les conséquences du Brexit 
semblant désormais "plus locales que globales". 
     
 
 (avec Lesley Wroughton; Marc Angrand pour le service français, 
édité par Véronique Tison) 
 

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