Le FMI évoque l'hypothèse d'un QE de la BCE prolongé

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par Philip Blenkinsop et John O'Donnell BRUXELLES, 27 juillet (Reuters) - La croissance de la zone euro sera modeste à moyen terme et il se peut que la Banque centrale européenne (BCE) doive poursuivre son programme d'assouplissement quantitatif (QE) plus longtemps que prévu, estime le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport annuel sur la zone euro, le Fonds remarque que la croissance de la région se renforce grâce à la baisse des cours pétroliers, à l'affaiblissement de l'euro et aux actions de la banque centale mais à moyen terme, les perspectives sont d'un potentiel de croissance moyen de 1% tout juste. "La chose importante est que la BCE entende poursuivre son programme (de QE) jusqu'en septembre 2016 et à notre avis, il le faudra; il faudra même peut-être aller au-delà", a dit Mahmood Pradhan, directeur adjoint du département européen du FMI. Ce programme lancé par la BCE pour relancer croissance et inflation en zone euro prévoit de racheter plus de 1.000 milliards d'euros d'actifs, essentiellement des emprunts d'Etat, à raison de 60 milliards d'euros par mois. Le FMI anticipe une croissance du PIB de la zone euro de 1,7% en 2016 après 1,5% en 2015, avec une inflation passant de zéro à 1%, reflétant des capacités de production inemployées encore importantes. Sur le moyen terme, une demande chroniquement faible et une productivité qui ne l'est pas moins continueront de freiner l'emploi et l'investissement, diagnostique le FMI. Ce potentiel de croissance de 1% à moyen terme est bien insuffisant pour ramener le chômage à des niveaux acceptables dans bon nombre de pays, poursuit-il, ajoutant que la zone euro est exposée à des chocs économiques ou financiers et à une croissance basse prolongée. Le Fonds dit aussi que les banques de la zone euro doivent assainir leurs bilans pour qu'elles soient encouragées à prêter et que les entreprises puissent investir. Le crédit aux entreprises a diminué de 0,2% en juin dans la zone euro. Cela fait 11 mois d'affilée que le rythme de contraction du crédit ralentit mais cet indicateur laisse penser que l'essentiel de la manne de la BCE va au consommateur et non à l'entreprise. Des réformes s'imposent pour améliorer le marché de l'emploi et la productivité et la zone euro doit aussi et encore se mobiliser pour mettre en oeuvre les textes permettant la création de marchés uniques dans les services, les transports, l'énergie et l'économie numérique. "Dans la zone euro, ce qui est importe avant tout ce sont les réformes structurelles. C'est là que la zone euro, si on la compare par exemple aux pays de l'OCDE, est en retard. Nous devons trouver le moyen de persuader les pays d'aller de l'avant", a dit Pradhan. (Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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