Le FMI abaisse ses prévisions de croissance

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LE FMI ABAISSE SES PRÉVISIONS DE CROISSANCE
LE FMI ABAISSE SES PRÉVISIONS DE CROISSANCE

par Lesley Wroughton

WASHINGTON (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse lundi ses prévisions de croissance mondiale et averti que l'horizon pourrait s'assombrir davantage encore si l'Europe ne s'attaquait pas résolument et rapidement à la crise de la dette.

À l'occasion de l'actualisation de ses "Perspectives économiques mondiales", l'organisation a également mis en garde un certain nombre de pays émergents comme la Chine ou l'Inde contre les risques de surcapacités de production.

Elle a ramené sa prévision de croissance mondiale pour 2013 à 3,9% contre 4,1% auparavant. Pour 2012, elle laisse sa prévision inchangée à 3,5%.

"Les risques à la baisse pesant sur ces perspectives mondiales affaiblies restent importantes", souligne le Fonds. "Le risque le plus immédiat reste que des décisions politiques tardives ou insuffisantes conduisent à une escalade de la crise de la zone euro."

Dans les économies avancées, qui incluent les Etats-Unis, la zone euro, le Royaume-Uni et le Japon, la croissance devrait être de 1,4% seulement cette année et de 1,9% l'an prochain.

Pour les économies émergentes et en développement dans leur ensemble, le Fonds a ramené ses projections à 5,6% pour 2012 et 5,9% pour 2013, soit, dans les deux cas, 0,1 point de moins que dans ses prévisions d'avril.

La zone euro, elle, devrait voir sa croissance limitée à 0,7% l'an prochain, contre 0,9% prévu jusqu'à présent, après une contraction de 0,3% en 2012.

Concernant la France, le FMI a réduit ses prévisions de croissance à 0,3% pour 2012 et 0,8% pour 2013, contre 0,5% et 1,0% prévus respectivement en avril.

L'Espagne, elle, devrait être en récession l'an prochain comme cette année, alors que le Fonds tablait encore en avril sur un redémarrage timide de la croissance en 2013.

Tout en saluant les "pas dans la bonne direction" franchis par les dirigeants européens lors du sommet de juin à Bruxelles, le FMI plaide pour une intégration budgétaire et bancaire accrue, qui passe selon lui par la création d'une garantie paneuropéenne des dépôts bancaires et un mécanisme de résolution pour les banques en difficulté.

DES RISQUES AUSSI AUX ÉTATS-UNIS

Le FMI appelle la Banque centrale européenne (BCE) à fournir des liquidités abondantes aux banques à des conditions "suffisamment souples" et souligne qu'elle dispose de marges de manoeuvre lui permettant d'assouplir encore sa politique monétaire.

Mais l'institution dirigée par Christine Lagarde ajoute que l'Europe n'est pas le seul risque menaçant la croissance mondiale.

Le Fonds se dit ainsi de plus en plus préoccupé par l'incapacité des dirigeants américains à aboutir à un accord au Congrès permettant d'éviter des coupes automatiques dans les dépenses publiques et des hausses de la fiscalité au début de l'an prochain.

Les Etats-Unis sont en effet confrontés à un "mur budgétaire" conjuguant l'expiration prévue à la fin de l'année d'allègements fiscaux entrés en vigueur pendant les deux mandats de George W. Bush et des coupes dans les dépenses représentent 1.200 milliards de dollars. Une double menace qui pourrait faire replonger la première économie mondiale dans la récession.

Parallèlement, Washington court le risque d'atteindre avant la fin de l'année son plafond d'endettement de 16.400 milliards de dollars, donc de se trouver en situation de défaut à moins d'un accord au Congrès.

Si les marchés financiers restent convaincus que les discussions entre la Maison blanche et le Congrès finiront par aboutir, le FMI souligne qu'un échec pourrait se traduire par "une forte réaction négative des marchés".

Le Fonds estime parallèlement que les pays émergents sont confrontés à "une incertitude sans précédent" en raison du ralentissement de la croissance mondiale et de l'aversion des investisseurs pour le risque.

"Dans les économies émergentes, les responsables politiques doivent se préparer à faire face à une baisse des échanges et à la forte volatilité des flux de capitaux", explique-t-il.

Le FMI a ramené sa prévision de croissance 2012 pour la Chine de 8,2% à 8,0% et n'attend plus "que" 8,5% d'expansion en 2013, contre 8,8%.

Il a aussi revu en nette baisse ses prévisions pour l'Inde, de 6,9% à 6,1% cette année et de 7,3% à 6,5% pour l'an prochain.

Marc Angrand pour le service français, édité par Natalie Huet

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