Le FMI abaisse encore ses prévisions mondiales de croissance

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LE FMI REVOIT À LA BAISSE SES PRÉVISIONS POUR LES ÉTATS-UNIS ET LA CHINE
LE FMI REVOIT À LA BAISSE SES PRÉVISIONS POUR LES ÉTATS-UNIS ET LA CHINE

WASHINGTON (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour la sixième fois consécutive depuis le début de l'an dernier, en expliquant que la poursuite de la reprise dans les pays les plus avancés ne suffirait pas à compenser le ralentissement de nombreuses économies émergentes.

L'organisation basée à Washington prévoit désormais une croissance de 2,9% de l'activité globale cette année, soit 0,3 de moins qu'attendu en juillet, et de 3,6% en 2014, contre 3,8%.

La croissance 2013 serait ainsi la plus faible depuis 2009.

Le FMI a notamment revu en baisse ses prévisions pour les Etats-Unis et la Chine, les deux premières économies mondiales, tandis qu'il les a revues en hausse pour la zone euro, entre autres.

"La croissance mondiale est faible, sa dynamique sous-jacente est en train de changer et les risques sur les prévisions restent orientés à la baisse", explique le FMI mardi dans la nouvelle édition de ses Perspectives économiques mondiales.

Les Etats-Unis sont le principal moteur de la reprise mondiale et la croissance devrait s'y poursuivre l'année prochaine à condition que des facteurs politiques ne viennent pas la remettre en cause, souligne l'organisation dirigée par Christine Lagarde.

Pour l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, un défaut des Etats-Unis sur leur dette en cas de désaccord persistant à Washington sur le relèvement du plafond d'endettement américain pourrait conduire la première économie du monde "à une récession, ou même à pire".

Il a cependant jugé "faible" la probabilité d'une telle issue.

Il a ajouté que le "shutdown", la fermeture de la plupart des administrations fédérales américaines entrée mardi dans sa deuxième semaine, n'aurait que des conséquences limitées à condition qu'il ne se prolonge pas.

La croissance américaine devrait être limitée à 1,6% cette année, en raison notamment de la baisse des dépenses publiques, estime le FMI, mais la reprise du marché immobilier pourrait favoriser une accélération l'an prochain à 2,6%, en excluant une issue défavorable au débat budgétaire.

LA ZONE EURO N'A PAS RÉSOLU SES PROBLÈMES

Les marchés émergents, eux, devraient bénéficier cette année d'une croissance quatre fois plus forte que celle des pays avancés, mais la période de croissance galopante semble révolue, montrent aussi les nouvelles prévisions.

La Chine, en particulier, devrait voir sa croissance tomber à 7,3% en 2014 après 7,6% cette année, contre plus de 10% avant la crise.

"La croissance en Chine est en train de ralentir, ce qui va affecter de nombreuses autres économies, notamment les exportateurs de matières premières au sein des économies émergentes et en développement", explique le FMI.

Le Fonds souligne aussi les risques liés à la remontée globale des taux d'intérêt, conséquence de l'évolution attendue de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.

Si Olivier Blanchard reconnaît qu'il est temps que la banque centrale américaine se prépare à réduire ses achats massifs d'obligations sur les marchés, il estime que la transition sera difficile pour les marchés financiers.

"Les problèmes de communication auxquels est confrontée la Réserve fédérale sont nouveaux et délicats", écrit-il. "Il est raisonnable de s'attendre à une certaine volatilité des taux longs lorsque la politique de la Fed évoluera."

En Europe, l'amélioration progressive du climat des affaires profitera à la plupart des grandes économies, permettant notamment à l'Espagne et l'Italie de renouer avec la croissance après une récession sévère.

Le FMI juge cependant que la zone euro doit résoudre le problème de sa fragmentation financière, améliorer la santé de ses banques et progresser sur la voie de l'union bancaire.

En l'absence de réponse à ces problèmes en Europe et dans le cas d'un resserrement brutal des conditions financières lié à la politique de la Fed, "l'économie mondiale pourrait bien s'installer sur une trajectoire de croissance contenue à moyen terme", estime le FMI.

Anna Yukhanonov; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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