Le FMI abaisse à nouveau ses prévisions à cause du Brexit

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    * Le FMI abaisse ses prévisions mondiales à cause du 
"Brexit" 
    * Il anticipe un impact limité dans son scénario de base 
    * GB et zone euro seront les plus touchées 
    * Du mieux en vue chez les émergents 
 
    WASHINGTON, 19 juillet (Reuters) - Le Fonds monétaire 
international a revu en baisse ses prévisions de croissance 
mondiale en raison des incertitudes créées par la décision des 
Britanniques de quitter l'Union européenne, tout en prévenant 
que son impact ne se fera ressentir que dans le temps et est 
encore difficile à mesurer. 
    Dans ses perspectives économiques mondiales actualisées 
publiées mardi, le FMI veut pourtant croire que le divorce entre 
Londres et ses partenaires européens se fera à l'amiable, ce qui 
permettrait d'en contenir le coût, même s'il n'exclut pas une 
séparation plus difficile. 
    Il table dorénavant sur une croissance de l'économie 
mondiale de 3,1% cette année puis 3,4% l'an prochain, soit dans 
les deux cas 0,1 point de moins qu'il ne l'anticipait dans ses 
précédentes prévisions diffusées en avril, déjà peu optimistes. 
    Cette révision à la baisse, la troisième cette année et la 
cinquième en l'espace de 15 mois , est uniquement motivée par le 
"Brexit". 
    Maurice Obstfeld, son chef économiste, souligne que, 
jusqu'au référendum britannique du 23 juin, le FMI était prêt à 
relever légèrement ses estimations globales à la faveur d'un 
début 2016 plus fort que prévu en zone euro et au Japon ainsi 
que du rebond des cours des matières premières. 
    Il a choisi d'intégrer dans ses prévisions un impact 
relativement faible du scrutin, concentré sur le Royaume-Uni et 
les Européens, sous l'hypothèse que les deux parties 
parviendront à éviter une forte hausse de leurs barrières 
économiques, que les retombées politiques seront limitées et les 
turbulences des marchés contenues. 
     
    CROISSANCE BRITANNIQUE REVUE EN FORTE BAISSE 
    Mais il s'empresse d'ajouter que ce scénario ne se fonde que 
sur les éléments disponibles à ce stade, que les conséquences du 
"Brexit" ne pourront être évaluées que progressivement et que 
des incertitudes prolongées pourraient "ouvrir la porte à une 
réplique amplifiée des marchés financiers à des chocs négatifs". 
    Pour ces raisons, le FMI évoque deux scénarios alternatifs - 
 l'un moins optimiste, l'autre carrément noir - fondés sur le 
climat et la durée des discussions à venir si celles-ci devaient 
être acrimonieuses et tardaient à lever les incertitudes. 
    La croissance mondiale pourrait alors être limitée à 2,9% 
cette année et 3,1% l'an prochain dans le premier cas, 2,8% en 
2016 comme en 2017 dans le second, avec des économies avancées 
particulièrement malmenées (1,4% de croissance en 2016 et 1,0% 
seulement en 2017 dans le pire des cas).  
    Mais le Fonds ne privilégie pas ces hypothèses, invoquant le 
fait que les marchés financiers ont réagi de façon ordonnée aux 
résultats du référendum et font preuve depuis de résilience, 
confiants qu'ils sont dans l'aptitude des banques centrales à 
les alimenter en liquidités si cela s'avérait nécessaire. 
    En attendant, l'organisation n'anticipe plus que 1,7% de 
croissance au Royaume-Uni cette année puis 1,3% en 2017, soit 
0,2 point et 0,9 point de moins que dans ses précédentes 
perspectives pour cause d'une demande interne déprimée par la 
sortie de l'UE. 
    Il a déjà revu en baisse sa prévision pour la zone euro en 
2017 à 1,4%, soit 0,2 point de moins qu'auparavant, tout en 
relevant celle de 2016 à 1,6% (+0,1 point)  , des 
chiffres qu'il confirme mardi. 
     
    LE JAPON IMPACTÉ PAR LA HAUSSE DU YEN 
    L'économie allemande serait la plus touchée, avec une 
hypothèse de croissance amputée de 0,1 point à 1,6% en 2016 puis 
de 0,3 point à 1,2% en 2017 alors que les derniers ajustements 
du FMI sur le pays remontaient au mois dernier.  
    Comme pour la zone euro, le Fonds confirme ses anticipations 
publiées récemment sur la France (1,5% en 2016 et 1,2% en 
2017) . 
    Il juge en revanche que l'économie américaine ne sera que 
faiblement touchée par le "Brexit" et s'il revoit en baisse de 
0,2 point sa prévision pour 2016, à 2,2%, c'est uniquement à 
cause de son mauvais début d'année. Il maintient en revanche son 
objectif de 2,5% de croissance outre-Atlantique en 2017. 
    S'agissant du Japon, l'appréciation du yen le conduit à 
abaisser de 0,2 point sa prévision pour 2016, à +0,3%, et à ne 
relever que dans les mêmes proportions à +0,1% celle de 2017 
alors que la nouvelle hausse de la TVA, reportée de deux ans, à 
2019, aurait eu en temps normal selon lui un impact positif de 
0,4 point. 
     Pour les pays émergents, le FMI modifie peu son scénario 
pour la Chine : 6,6% de croissance en 2016, contre 6,5% 
auparavant, et 6,0% (inchangé) l'an prochain. 
    Il est moins pessimiste pour le Brésil comme pour la Russie, 
qu'il voit tous deux sortir de la récession en 2017 (+0,5% pour 
le premier, +1,0% pour la deuxième) et table toujours sur une 
croissance soutenue en Inde même s'il abaisse légèrement (-0,1 
point) ses prévisions pour 2016 et 2017, qui se situent à +7,4%. 
 
 (Yann Le Guernigou à Paris, édité par Marc Joanny) 
 
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