Le flou législatif autour des tuk-tuks parisiens

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En circulation dans la capitale depuis deux ans, ces véhicules originaires d'Asie du Sud-Est se multiplient mais souffrent d'un flou législatif.

Sur la place de la Concorde, en face du musée du Louvre, aux abords des Champs-Élysées... impossible de les rater. Eux, ce sont les tuk-tuks, ces drôles de véhicules jusqu'ici réservés aux rues de Bangkok ou d'Hanoï qui ont envahi les rues de la capitale depuis deux ans et sillonnent chaque jour les grands lieux touristiques à la recherche de clients à transporter. De 10 en 2011, date de leur arrivée à Paris, leur nombre est passé à 50 aujourd'hui, selon les données de la préfecture de police.

Si l'engouement est réel pour ce nouveau mode exotique de transport, tout reste cependant à construire pour les acteurs du marché en raison d'une législation particulièrement floue. La faute d'abord à un vide juridique: en l'absence de texte régulant précisément leur activité, la préfecture a décidé d'appliquer aux tuk-tuks la réglementation concernant... les motos-taxis. Une classification à première vue anodine mais qui a des conséquences concrètes. Un exemple? Leurs chauffeurs ne peuvent pas rester sur la chaussée pour attirer les clients. «Le droit à l'emplacement, c'est le droit de travailler, regrette Benjamin Maarek, gérant de la société Allo TukTuk. On veut être mis au même rang que les bus touristiques à deux étages, les bateaux mouches, les petits trains».

Une majorité de chauffeurs en infraction

Autre problème: les relations difficiles avec les forces de l'ordre. Sofiene, qui a acheté son propre tuk-tuk, juge sa profession «harcelée par la police». Difficile néanmoins de blâmer les Boers - le surnom de la police des taxis - tant certains chauffeurs jouent avec les réglementations. Lors d'une opération organisée par la préfecture de police le 26 juillet, sur la quarantaine de chauffeurs contrôlés une large majorité se trouvait en infraction. Et pas des moindres: exercice illégal de l'activité de taxi, travail dissimulé, permis invalide ou même conduite sous l'emprise de stupéfiants. Au total, 5 véhicules ont été immobilisés.

Les chauffeurs de tuk-tuks, qu'ils soient en règle ou non, demandent une réglementation spécifique à leur profession. Alors que les autorités sont occupées à légiférer le déferlement dans la capitale des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) qui enrage les taxis parisiens, pas sûr que le flou réglementaire actuel se dissipe rapidement. En attendant, une chose est sûre: même mis à l'amende, les tuk-tuks continueront à sillonner Paris.

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  • cresus57 le jeudi 22 aout 2013 à 08:52

    Magnifique ! Et bientôt des bœufs pour labourer les champs ? Des chaises à porteurs pour aller au conseil des ministres ?...

  • nitram.g le jeudi 22 aout 2013 à 08:02

    et la pollution qu'en pense la "Fleur" de Paris.

  • guyguy18 le mercredi 21 aout 2013 à 18:37

    Tuk TUK pour un pays en voie de sous developpemnt.Histoire belge à l'envers.