Le FLNC corse veut une baisse des prix de la grande distribution

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AJACCIO (Reuters) - Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) a revendiqué jeudi la série d'attentats perpétrés contre sept supermarchés dans la nuit de dimanche à lundi en Corse et met en demeure la grande distribution de baisser ses prix sur l'île.

Dans un texte envoyé au mensuel Corsica, le mouvement clandestin déclare s'inscrire "dans le droit fil des luttes sociales et syndicales" face aux "relais multiples du colonialisme français en Corse".

Il fait ainsi référence aux événements de 1989 qui avaient vu une grève sans précédent d'un mois dans l'île et abouti à la création d'une prime de transport annuelle pour les salariés.

L'organisation accuse les "patrons de la grande distribution d'avoir persévéré dans leur politique de paupérisation de la société corse" et dénonce "des prix qui n'ont jamais été aussi élevés".

"Nous les mettons (les patrons-NDLR) en demeure de baisser significativement les prix pratiqués par ces enseignes avant le mois de décembre 2012", écrit-il.

Le FLNC exige également que les patrons participent "avec les acteurs de la société corse" à "une plate-forme d'observation des prix limitant de façon substantielle toute hausse" et qu'ils modifient "leur stratégie commerciale en privilégiant au maximum les produits issus de l'économie corse."

Cette mise en garde intervient alors que la mouvance clandestine a connu le 9 juillet une scission avec une autre faction FLNC proche du courant U Rinnovu (le renouveau) et de sensibilité de gauche.

Contre toute attente, c'est le courant proche de l'UC, Union des combattants, dont la vitrine légale est le parti indépendantiste Corsica Libera, qui revendique cette série d'attentats.

Lors de la "nuit bleue" contre les supermarchés du nord au sud de l'île, de faibles charges explosives avaient occasionné des dégâts matériels légers.

Cinq supermarchés Leclerc ont été visés à Ajaccio et dans la région ainsi qu'à Bastia et dans ses environs.

Bien que le communiqué stigmatise des prix élevés, le supermarché Leclerc situé sur la Rocade d'Ajaccio avait été classé par le magazine UFC Que Choisir parmi les grandes surfaces les moins chères en janvier 2012.

Un hypermarché Géant Casino situé dans la banlieue ajaccienne de même qu'un magasin Décathlon, à la périphérie, avaient également été des cibles des clandestins.

Ces exactions portent à 48 le nombre d'attentats commis depuis le 1er janvier en Corse, soit une légère baisse par rapport à 2011 où les services de la préfecture en dénombraient 51 à la même époque.

Roger Nicoli, édité par Gérard Bon

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