Le FLNC corse revendique une nuit bleue, évoque la paix

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AJACCIO (Reuters) - Le FLNC a revendiqué mercredi la série d'attentats commis du 7 au 8 décembre qui avait détruit ou endommagé une trentaine de villas en construction en Corse mais se dit prêt à une initiative historique de paix sous conditions.

Dans un communiqué envoyé au mensuel Corsica, l'organisation clandestine dit avoir mené 31 actions "délibérément réparties" sur le territoire et pas uniquement le long des côtes.

Cette opération voulait montrer le fait que "la spéculation et les appétits de ceux qui en profitent ou en vivent ne se limitent pas au seul littoral ou à une bande imaginaire de cent mètres", dit le texte.

Le FLNC affirme que 85.000 résidences "dites secondaires" ont été édifiées sur l'île et qu'elles sont "la trame d'une économie souterraine" compte tenu de leur location l'été à des touristes.

Il se défend d'être raciste, en réponse au ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui a vu une "forme de racisme" dans ces actions, et réfute tout lien avec le banditisme corse.

"Non, nous ne sommes pas racistes car nous ne ciblons jamais les individus mais l'appropriation de notre terre. (...) Nous ne pratiquons pas le racisme, nous le combattons", écrit-il.

L'organisation tend néanmoins la main au gouvernement en se disant prête à une initiative historique en faveur de la paix.

"Nous comprenons que notre peuple aspire à un légitime mieux-être, à un devenir meilleur. Dans cet esprit, notre organisation politique est prête, car nous avons les moyens, à prendre une initiative historique, contribution à la paix que notre peuple attend", dit le texte.

"De cette paix, l'Assemblée de Corse est la matière institutionnelle, et le respect des droits souverains de notre peuple, la matrice politique", ajoute-t-il.

Si les mots trêve ou dépôt des armes ne figurent pas dans le document, celui-ci sous entend que la cessation des actions devrait s'accompagner de gestes forts du gouvernement.

Les revendications de la famille nationaliste tournent autour de la co-officialité de la langue corse, de la maîtrise du foncier et d'une autonomie fiscale, ce qui entraînerait une réforme de la constitution française.

Le FLNC qui évoque "une perte des repères" responsable des "dérives criminelles" souligne que la Corse est au dernier rang national concernant le pouvoir d'achat, quand les taux de délinquance, de chômage ou d'addiction à la drogue y sont plus élevés.

Paul Ortoli, édité par Gérard Bon

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