Le FLN remporte haut la main les législatives algériennes

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Le FLN remporte haut la main les législatives algériennes
Le FLN remporte haut la main les législatives algériennes

par Christian Lowe et Lamine Chikhi

ALGER (Reuters) - Le Front de libération nationale (FLN), ancien parti unique, a remporté 220 des 462 sièges de l'Assemblée algérienne, déjouant les pronostics qui faisaient des islamistes modérés les favoris de ce premier scrutin de l'après-"printemps arabe".

La classe dirigeante avait pourtant promis des réformes et du sang neuf après les soulèvements populaires de l'an dernier au Maghreb.

Derrière le FLN arrivent le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, avec 68 sièges, et les islamistes modérés et liés au pouvoir de l'Alliance de l'Algérie verte, qui en obtiennent 48, selon les résultats officiels des législatives de jeudi

"Les élections ont renforcé l'attachement du peuple algérien aux valeurs de paix et de stabilité", s'est félicité le ministre de l'Intérieur, Daho Ould Kablia.

En plein "printemps des peuples arabes", le président Abdelaziz Bouteflika avait promis en avril 2011 la tenue de ces élections législatives, deux mois après un premier mouvement de contestation étouffé par la police. Le chef de l'Etat avait également promis d'amender la Constitution afin de "renforcer la démocratie représentative".

Ses promesses ont laissé les Algériens sceptiques, comme en témoigne l'abstention. Bien qu'inférieure aux prévisions des diplomates, elle dépasse tout de même la moitié de l'électorat.

INERTIE

"Il n'y a pas de changement", a conclu le politologue Abed Charef, déplorant la "force de l'inertie". Pour beaucoup, le pouvoir reste entre les mains d'une élite non élue qui s'appuie sur l'armée.

"Le prochain Premier ministre doit être Abdelaziz Belkhadem, le grand vainqueur des élections législatives, mais peu de changements, si jamais il y en a, sont attendre en Algérie", renchérit Farid Alilat, éditorialiste des Dernières nouvelles d'Algérie, évoquant le chef de file du FLN, qui a déjà dirigé le gouvernement.

L'opposant et militant des droits de l'homme Yacine Zaïd dénonce quant à lui une "mascarade".

"Les autorité n'ont jamais hésité à faire ce qu'elles voulaient, à donner les chiffres qu'elles avaient en tête", ajoute-t-il.

Les observateurs de l'Union européenne se sont toutefois dits satisfaits du déroulement du scrutin. "Les citoyens ont dans l'ensemble été en mesure d'exercer leur droit de vote", a estimé José Ignacio Salafranca, chef de la mission.

L'attention va désormais se tourner vers la course à la succession d'Abdelaziz Bouteflika. Agé de 75 ans et souffrant, le chef de l'Etat ne briguera vraisemblablement pas de nouveau mandat au terme de celui qui s'achèvera en 2014.

Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye, Jean-Loup Fiévet et Henri-Pierre André pour le service français

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