Le fixed income, nouvelle frontière de JM Morgan AM

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(NEWSManagers.com) -

Jamie Broderick, le patron pour l'Europe de JP Morgan Asset Management affiche un optimisme prudent mais un optimisme tout de même. La crise est derrière nous, le risque de " double dip" s' est estompé et nous et nous sommes revenus dans un environnement un peu plus normal où les flux actions en Europe repartent ou en tout cas tentent de repartir et où le fixed income reste sur la dynamique de 2009, a-t-il estimé le 24 novembre dernier devant un parterre de journalistes européens.

Dans ce contexte porteur pour le fixed income, Jamie Broderick a souligné sa volonté de diminuer son exposition aux actions et d'évoluer vers un business mix plus équilibré. " Nous visons 50% d'actions, 25% de fixed income et 25% de gestion alternative" , ces deux dernières composantes se situant actuellement autour de 10%.

L'arrivée à l'automne 2009 de Pierre-Yves Bareau, qui a pris la tête de l'équipe de gestion spécialisée sur la dette émergente, s'inscrit parfaitement dans le cadre de cette stratégie. A la tête d'une équipe globale de 25 personnes, dont 13 à New York, Londres et Hong Kong, et 12 à Shanghai, Sao Paulo et Bombay, Pierre-Yves Bareau entend profiter des grandes mutations en cours, et bien entendu de la formidable poussée des marchés émergents. Avec les atouts souvent déclinés que sont les fondamentaux solides des pays de la zone, avec notamment de bonnes perspectives de croissance et des taux d' endettement faibles.
Les facteurs qui militent en faveur de la dette émergente sont aussi nombreux, dont l' amélioration constante de sa qualité, le fort potentiel d' appréciation des devises de la plupart des pays de la zone et des rendements qui restent intéressants en termes réels par rapport aux Treasuries américains.

Pierre-Yves Bareau souligne que les spreads de la dette corporate émergente en catégorie d' investissement sont supérieurs de quelque 130 points de base à ceux de la dette de même catégorie des pays développés alors que les prévisions de taux de défaut sont équivalentes. Plusieurs segments du marché de la dette émergente affichent à fin septembre d'excellentes performances, avec en tête la dette émergente en devises locales (16,8%), devant le corporate high yield (16,3%), le corporate émergent affichant un rendement proche de 13%.

C' est dans cet environnement porteur que l'équipe de Pierre-Yves Bareau veut pousser les feux de la dette émergente. Les actifs sous gestion s'élèvent désormais à environ 16 milliards de dollars, dont 11 milliards pour les fonds obligataires globaux et 5 milliards pour les autres fonds. La collecte nette sur les fonds globaux a été de l'ordre de 3 milliards de dollars. Sur les autres fonds, la collecte nette sur l'Asie (encours de 1 milliard) a été de 250 millions de dollars. Les encours sur l'Inde (2 milliards de dollars) ont doublé grâce à une collecte nette de 1 milliard de dollars. Les actifs sur le Brésil et la Chine sont demeurés stables, autour de 800 millions de dollars pour chaque pays.

Pierre-Yves Bareau estime que l'offre de JM Morgan AM sur la dette émergente, déjà conséquente, peut néanmoins être encore étoffée ici ou là. Le premier trimestre 2011 devrait voir l'arrivée d'un fonds de performance absolue. Et ultérieurement, la palette pourrait être complétée avec des fonds régionaux et des fonds locaux.

Reste à convaincre les investisseurs institutionnels d' augmenter leur allocation sur ce segment de la dette émergente, actuellement figée autour de 2% chez les fonds de pension britanniques ou européens. Il s' agit pourtant d' un marché de quelque 650 milliards de dollars qui pourrait atteindre les 1.000 milliards dans les deux ou trois ans et dont la liquidité devrait s' améliorer. Il est vrai aussi que les crises à répétition des marchés émergents ont pu refroidir les ardeurs des investisseurs.

" C' est un long processus" , concède Pierre-Yves Bareau, convaincu néanmoins que les allocataires européens, sans mettre le curseur aussi haut que les fonds de pension néerlandais ou scandinaves, vont progressivement étoffer leur allocation. De ce point de vue, la perspective d' une application de Solvabilité II aux fonds de pension ?même si elle peut sembler peu probable ou lointaine- pourrait être un élément déterminant?

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