Le financement de la Ligne à grande vitesse Sud-Ouest menacé

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LE FINANCEMENT DE LA LIGNE À GRANDE VITESSE SUD-OUEST MENACÉ
LE FINANCEMENT DE LA LIGNE À GRANDE VITESSE SUD-OUEST MENACÉ

BORDEAUX (Reuters) - Le calendrier de la ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) au sud de Bordeaux pourrait être remis en cause après le refus des Conseils généraux du Lot-et-Garonne et du Gers de participer à son financement.

Le président du Conseil général du Lot-et-Garonne Pierre Camani (PS) a mis le feu aux poudres en déclarant lundi que, pour des raisons budgétaires, le département ne pouvait participer au financement des deux branches de la LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Hendaye, soit de 90 à 100 millions d'euros.

Soulignant que la construction des lignes à grande vitesse est de la compétence de l'Etat, il a cependant assuré qu'il ne remettrait pas en cause sa participation au financement de la ligne Tours-Bordeaux, soit 34 millions d'euros, déjà votée en assemblée plénière.

Cette démarche a immédiatement fait réagir le président de la Région Midi-Pyrénées, le socialiste Martin Malvy, qui s'est interrogé sur l'intérêt des collectivités locales de sa région de financer la LGV Bordeaux-Toulouse si des défaillances se font jour en Aquitaine.

Alors qu'il avait accepté d'apporter sa contribution sur la ligne Tours-Bordeaux contre l'assurance de la poursuite des travaux jusqu'à Toulouse, Martin Malvy se dit prêt à changer sa position.

"Au stade où nous en sommes, nous pouvons nous interroger sur l'interruption totale des financements apportés par Midi-Pyrénées à Tours-Bordeaux, pour prendre en compte l'intégralité de ce qui a été demandé aux collectivités locales de Midi-Pyrénées sur Toulouse-Sud de Bordeaux", dit-il dans un communiqué.

Mardi soir, le président du Conseil général du Gers, Philippe Martin (PS) a à son tour annoncé qu'il se retirait du financement des LGV Tours-Bordeaux et Bordeaux-Toulouse, reprenant l'argument qu'il s'agit d'un "chantier d'Etat".

Pour sa part, le président de la Région Aquitaine Alain Rousset (PS), l'un des élus les plus convaincus par la nécessité de construire les LGV, estime qu'il faut "raison garder".

"Le gouvernement a demandé à plusieurs collectivités locales de partager le financement de cette infrastructure. Il faut aujourd'hui que le gouvernement entende que ces collectivités locales sont dans une situation financière fiscale difficile", souligne Alain Rousset.

Il a également lancé un appel aux élus des grandes collectivités "à poursuivre ce qui pour l'Aquitaine et Midi-Pyrénées est le chantier du siècle, car il s'agit de l'avenir de nos régions".

La LGV Tours-Bordeaux, dont les travaux ont commencé, représente 300 kilomètres de lignes nouvelles pour un coût estimé de huit milliards d'euros qui permettra de mettre Bordeaux à deux heures de Paris en 2017 contre trois heures aujourd'hui.

Le coût des prolongements vers Toulouse et Hendaye, en cours d'études, soit 410 kilomètres de lignes, est estimé à 13 milliards d'euros.

Claude Canellas, édité par Patrick Vignal

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  • g.f.44 le mercredi 15 fév 2012 à 13:19

    Les Conseils Généraux et Régionaux sont à gauche d'où la réforme territoriale concoctée par la droite pour frapper au portefeuille. Après l'attaque, la riposte.Tout n'est que guerre politique et la Régionalisation n'a aucun sens si elle est dirigée depuis...PARIS. D'accord pour dire que les structures des Instances Régionales sont disproportionnées et auraient grand besoin d'une cure d'amaigrissement. Et pendant ce temps-là le train de l'Etat circule sans restrictions !!!

  • gustav10 le mercredi 15 fév 2012 à 12:41

    Ces élus qui retournent leur veste en permanence, pour des intérêts locaux à court terme, sont vraiment nuls ! Cela démontre que ces structures administratives ne sont plus adaptées au pilotage d'intérêts nationaux. Il est temps de ce demander si la régionalisation n'est pas une erreur profonde.