Le feu rouge détecteur d'ultraviolet, une arme anti-soleil dans les Andes

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Le "solmaforo" ("sunmaphore") indiquant le taux de radiation aux ultraviolets, le 18 octobre 2012. AFP PHOTO/Eitan Abramovich
Le "solmaforo" ("sunmaphore") indiquant le taux de radiation aux ultraviolets, le 18 octobre 2012. AFP PHOTO/Eitan Abramovich

(AFP) - Dans les rues de Bogota, cela ressemble à s'y méprendre à un feu de circulation, mais cet appareil vise à alerter les habitants de la capitale colombienne sur l'intensité des ultra-violet d'un soleil aux effets redoutables dans les villes perchées dans les Andes.

Déjà présent dans d'autres villes d'Amérique du Sud mais tout récemment installé dans la capitale colombienne, le "solmaforo", un terme mélangeant les mots "soleil" et "feu de circulation" en espagnol, est équipé de panneaux solaires et de capteurs optiques mesurant l'intensité des rayons lumineux dont l'exposition prolongée provoque des cancers de la peau.

De nombreux habitants de la capitale colombienne, la troisième plus haute au monde à 2.650 mètres d'altitude, ignorent que les rayons du soleil y sont plus dangereux que dans les régions plus chaudes mais plus proche du niveau de la mer comme la côte Caraïbes.

"Je ne connaissais pas le principe. Pas plus que cet appareil", confie à l'AFP Fabian Dominguez, en découvrant un "solmaforo" installé dans un quartier animé, près d'une importante station de bus.

"Je viens peu souvent à Bogota, mais désormais je vais le consulter à chaque fois que je pourrais", ajoute cet ingénieur pétrolier, qui passe la plupart de son temps hors de la capitale, où le climat frais est trompeur quant aux méfaits du soleil. Outre l'altitude, le fait que la ville soit proche de la ligne équatoriale aggrave encore davantage la dangerosité des rayons.

Le principe est simple pour le "solmaforo" : les couleurs verte, orange et rouge signalent des radiations respectivement faibles, modérées et fortes.

A chaque niveau de radiation correspond une série de recommandations concernant les vêtements à porter, l'usage de crème solaire avec tel degré de protection ou encore le port de lunettes noires.

Une autre habitante Marcela Neira assure au contraire être au courant du problème. "Avec l'altitude de la ville, il est important de se protéger des radiations", affirme-t-elle à l'AFP, saluant l'apparition du "solmaforo". "C'est important que chacun prenne en compte toutes ces données".

Mais la majorité des passants ne prêtent pas attention à nouvel appareil, peu conscient des dangers du soleil.

"Les gens croient que si le temps est nuageux, les ultraviolets n'arrivent pas, mais ce n'est pas le cas. L'altitude est aussi un facteur déterminant", explique Lady Suarez, responsable d'une unité de recherche au ministère colombien de l'Environnement.

"La Colombie a toujours un niveau élevé de radiation en raison de sa proximité avec la ligne de l'Equateur et du fait de conditions climatiques changeantes", poursuit-elle.

Face à l'augmentation des cas de cancers, le ministère a décidé de développer l'implantation des "solmaforos", qui n'en est encore qu'au stade expérimental, avec le concours de l'Institut d'hydrologie, de météorologie et d'études environnementales (Ideam) pour sensibiliser la population.

La Ligue colombienne contre le cancer prévoit l'apparition de 1.000 nouveaux cas de cancers de la peau cette année et quelque 250 décès dans le pays latino-américain.

Fabriqué au Chili par la société Icalma, le "solmaforo" est déjà présent dans ce pays, ainsi qu'en Argentine et au Pérou où il a fait son apparition non seulement sur les plages mais aussi dans les stations de ski.

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