Le feu progresse dans l'Alberta, les flammes menacent Fort McMurray

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    par Topher Seguin 
    GREGOIRE LAKE, Alberta, 5 mai (Reuters) - La ville de Fort 
McMurray, dans la province canadienne de l'Alberta, a été 
quasiment vidée mercredi de ses 88.000 habitants fuyant un 
incendie géant qui a déjà ravagé 7.500 hectares de terrains et 
détruit 1.600 constructions. 
    Alors que certains quartiers ont déjà été réduits en 
cendres, les conditions météorologiques de forte chaleur et de 
vents violents ont favorisé la progression des flamme qui 
menacent des milliers d'habitations supplémentaires. 
    "Il est possible que nous perdions une large partie de cette 
ville", a prévenu Scott Long, de l'agence régionale de gestion 
des secours. 
    Le feu n'a pas fait directement de victimes, mais il y a eu 
au moins un accident de la route mortel pendant les évacuations. 
    Les autorités avaient ordonné mardi l'évacuation des 
habitants de la ville, située non loin de sites d'exploitation 
de sables bitumineux. Il s'agit de la plus grosse opération de 
ce type dans l'histoire de la province du centre du Canada. 
    Le feu, qui a pris dimanche au sud-ouest de Fort McMurray, a 
gagné en intensité, attisé par des vents chauds. Et les pompiers 
mobilisés pour combattre l'incendie avec l'appui d'avions et 
d'hélicoptères ne parviennent pas à le maîtriser. 
    Le Premier ministre fédéral, Justin Trudeau, a indiqué que 
l'armée était prête à déployer des moyens aériens si nécessaire. 
La direction de l'aéroport international de Fort McMurray a 
suspendu tous les vols commerciaux au décollage et à 
l'atterrissage. 
    Les sites majeurs d'extraction des sables bitumineux ne se 
trouvent pas sur la trajectoire que l'incendie devrait suivre 
dans les prochains jours, pour l'activité de plusieurs 
compagnies a été réduite du fait des évacuations. 
     
    LA MAUVAISE FORTUNE DE L'EX-"FORT MCMONEY" 
    Il est naturellement trop tôt pour estimer le coût de la 
catastrophe. Mais les assureurs peuvent s'appuyer sur les sommes 
engagées il y a quatre ans après un incendie à Slave Lake, dans 
la même province.  
    La facture pour les compagnies d'assurance avait alors 
atteint 700 millions de dollars canadiens (environ 475 millions 
d'euros). Mais le feu était de moindre importance: 374 
habitations de cette petite ville avaient été détruites et 52 
autres endommagées. A Fort McMurray, on est déjà à 1.600 
constructions détruites. "Il existe donc une possibilité pour 
que l'incendie en cours devienne le plus gros sinistre au 
Canada", estime Stewart McIlwraith, analyste chez DBRS. 
    Le record lié à une catastrophe naturelle -- 1,9 milliard de 
dollars canadiens engagés par les assureurs à la suite 
d'inondations dans l'Alberta -- pourrait également tomber.     
    Pour Fort McMurray, l'incendie est un revers de fortune 
supplémentaire qui s'ajoute aux effets de l'explosion de la 
bulle des sables bitumineux dont les très lourds coûts 
d'exploitation n'ont pas résisté à la baisse des cours mondiaux 
du brut.  
    La ville, surnommée Fort McMoney au plus fort du boom de ce 
type d'exploitation pétrolière, a compté jusqu'à 120.000 
habitants l'an dernier. Un tiers d'entre eux sont partis après 
que l'effondrement des cours du pétrole a conduit à la fermeture 
de sites d'extraction. 
    "Les magasins fermaient déjà, les petites entreprises 
fermaient déjà, alors qu'il y a un an ou deux, on ne pouvait 
même pas trouver une table libre dans les restaurants", témoigne 
Ria Dickason, une Sud-Africaine établie depuis 14 ans à Fort 
McMurray où elle travaillait dans l'immobilier. 
 
 (avec Rod Nickel à Edmonton et Matt Scuffham à Toronto; 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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