Le festival "zéro déchet" veut mettre les poubelles au régime minceur

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Le Zero Waste Festival se tiendra du 30 juin au 2 juillet. (All Rights Reserved)
Le Zero Waste Festival se tiendra du 30 juin au 2 juillet. (All Rights Reserved)

(AFP) - Comment mettre nos poubelles au régime minceur? L'association "Zéro Waste", qui milite pour économiser les ressources de la planète, réunit citoyens, collectivités et entreprises à partir de jeudi à Paris pour le premier festival "Zéro déchet, zéro gaspi".

"L'objectif est de faire avancer le concept +zéro déchet+ en France, où il rencontre un intérêt de plus en plus marqué depuis deux ans," explique Flore Berlingen, la directrice de Zéro Waste France.

L'idée est de débarrasser sa poubelle de tout ce qui peut l'être: les déchets organiques et les emballages de toutes sortes en premier lieu. Une démarche qui ne se fait pas en un jour, tant elle questionne notre mode de consommation.

Selon l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), un Français produit chaque année environ 270 kg d'ordures par an, en plus de ce qu'il recycle (papier, verre, plastique, métal).

Au final, ce sont des centaines de millions de tonnes de déchets qui finissent enfouis ou incinérés. Avec un coût très lourd pour les collectivités.

"Il est difficile de se rendre compte de la quantité de déchets que l'on produit car on descend la poubelle et ça disparaît", avance Flore Berlingen.

Mais une prise de conscience semble se dessiner. Selon un sondage publié mardi par l'Ademe, 96% des Français estiment que la société produit trop de déchets. Mieux encore, ils sont 70% à déclarer que leur propre foyer pourrait en produire moins.

Les adeptes de la démarche "zéro déchet" sont, selon Zéro Waste, plusieurs dizaines de milliers en France. "Il y a des dizaines de blogs, des centaines de forums sur le sujet", se réjouit Flore Berlingen.

Trévise, un modèle

Autre signe de l'essor de ces questionnements: le succès des livres de Béa Johnson, une Française résidant à San Francisco ("Zéro déchet", 60.000 exemplaires écoulés en France), et de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret ("Famille, zéro déchet", 15.000 exemplaires vendus).

Ces auteurs participeront à ce festival (30 juin au 2 juillet) qui sera une vitrine de ce que font les adeptes de la démarche, en France et ailleurs: achat en vrac pour diminuer les emballages, tri et compostage des déchets organiques, fabrication de ses propres produits d'entretien ou cosmétiques, consigne pour certains produits, réparation et échange des objets d'occasion, etc.

Une cinquantaine d'ateliers "pour passer à l'action" sont prévus: comment faire du compost chez soi, fabriquer un sac solide pour les achats en vrac ou connaître les composants de son téléphone portable?

Des "pionniers" viendront témoigner comme Gérard Bellet, patron de l'entreprise Jean Bouteille qui promeut la vente de liquide en vrac, ou Rossano Ercolini, un instituteur italien qui a évité la construction d'un incinérateur à Capannori (Toscane) en lançant un collectif "zéro déchet".

De nombreux élus locaux viendront aussi échanger car, au delà des initiatives individuelles, des collectivités ont profondément revu leur manière de gérer les déchets: San Francisco, Parme, Roubaix, Capannori (Italie) seront représentées.

En Europe, l'agglomération de Trévise (500.000 habitants) fait figure d'exemple avec seulement une cinquantaine de kg d'ordures ménagères collectées par personne et par an.

Mais pour espérer arriver à un tel résultat, deux outils sont indispensables: la collecte séparée des déchets organiques et la tarification incitative ("je paye en fonction de ce que je jette").

Si la méthode bouleverse des fonctionnements installés de longue date, elle a aussi un intérêt financier.

Chaque fois que la collectivité va récupérer séparément les déchets organiques, "elle va économiser plusieurs dizaines d'euros par tonne", assure Matthieu Orphelin, directeur économie circulaire à l'Ademe.

Ces déchets, qui représentent un gros tiers de nos ordures, vont alimenter des centres de fabrication du compost, utilisé en agriculture comme engrais, ou des usines de biométhane.

Un schéma d'économie circulaire que, conformément à la loi sur la transition énergétique, tous les producteurs de biodéchets vont devoir adopter d'ici 2025.

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  • alainb57 il y a 5 mois

    Waouh ! Tu pèses tes déchets ? Respect.

  • faites_c il y a 5 mois

    J'adore aussi les solutions géniales pour résoudre les problèmes d'emballage, solution consistant quasi exclusivement à vendre en vrac : désolé je n'ai pas de récipients en quantités suffisantes pour adopter cette technique et le bas à légumes de mon frigo n'est pas systématiquement vide quand je pars faire mes courses! On notera que les économies liées au tri sélectif ne sont jamais retournées au consommateur ce qui n'a aucun effet incitatif au bout du compte!

  • faites_c il y a 5 mois

    "un Français produit chaque année environ 270 kg d'ordures par an, en plus de ce qu'il recycle (papier, verre, plastique, métal)." Chiffres tirés du chapeau et invérifiables puisque 95% des collectes de déchets ménagers ne sont pas pesées! Personnellement, mes déchets non revalorisables (puisque décrétés comme tel par le collecteur) représentent au grand maximum 52 kg par an auxquels il faut ajouter une centaine de kg de déchets compostables! On est très loin des 270 kg décrétés par l'Ademe!