Le faussaire, la marmite et la souveraineté de l'État

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Dominique P. a produit des centaines de milliers de faux billets entre 2007 et 2012 dans une pièce cachée sous sa maison, accessible par une trappe.
Dominique P. a produit des centaines de milliers de faux billets entre 2007 et 2012 dans une pièce cachée sous sa maison, accessible par une trappe.

Notre droit est parfois moyenâgeux. Mais, depuis lundi, Dominique P., 59 ans, doit se dire qu'il a échappé à bien pire. S'il avait commis ses méfaits au début du XVIIe siècle, l'accusé aurait probablement eu droit à la redoutable « marmite ». Un concept simple et théorisé comme suit dans les livres d'Histoire : « Bouilli puis pendu ». Pas de rédemption pour les faussaires ! Saint-Louis, lui, préférait varier les plaisirs : celui qui se livrait à la fabrication de fausse monnaie avait aussitôt les yeux crevés. En 2016, après quelques siècles d'effort et l'abolition de la peine de mort, la sanction maximale est à peine plus clémente : trente ans de prison. La fabrication de fausse monnaie est encore considérée comme un des pires crimes qui soit. Celui-là ne fait pourtant pas de mort.

Une question de souveraineté

Pas de mort, mais une attaque contre l'État et ce qui fait sa souveraineté : le droit de battre monnaie. Celui qui prend le risque de contrefaire de l'argent met sa patrie en danger et porte atteinte à son équilibre financier. Il mérite donc les assises, au même titre qu'un assassin ou un violeur ! Une vision des choses quelque peu passée, la France ayant depuis bientôt deux décennies délégué la gestion de sa monnaie à l'Europe? Et en jetant un coup d'?il, lundi, à la cour d'assises de Paris, on a du mal à imaginer les deux lascars accusés d'avoir fait tourner la planche à billets...

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