Le «fait maison», un bon plan anti-crise

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Les ateliers cuisine, tricot, déco ou encore bricolage ont le vent en poupe depuis quelques années. Les Français sont en quête de lien social autant que d'économies.

Le tricot a de nouveau la cote ! Tout comme la cuisine, la couture, le bricolage ou la déco. En témoigne le nombre d'ateliers de loisirs créatifs et de blogs spécialisés qui ont fait leur apparition en France ces dernières années. Malgré une rude concurrence, le secteur des loisirs créatifs se porte bien. Selon le syndicat Créaplus, qui fédère 350 acteurs du secteur des activités manuelles artistiques, 33% des Français pratiquent régulièrement une activité créative. En 2008, ce marché pesait environ 750 millions d'euros. Le syndicat a estimé cette année qu'il pouvait encore progresser pour dépasser les 1,2 milliard d'euros.

«Notre entreprise est en forte croissance, avec un chiffre d'affaires en hausse de 40% en 2010», témoigne Isabelle Szedleski, fondatrice de la société Cour des Créateurs, qui propose depuis octobre 2004 des ateliers déco, mode, design et cuisine à Paris. «Dans notre société, tout se fait de plus en plus en temps réel. Nos clients veulent prendre du temps pour eux et stimuler leurs facultés créatives», explique Isabelle Szedleski. Des talents qu'ils exercent en grande majorité dans leur cuisine. «Cet atelier se démarque très nettement des autres, suivi par la thématique de la mode», constate la fondatrice de Cour des Créateurs.

Retour en cuisine

Propulsé sur le devant de la scène par son émission «Oui, chef !», Cyril Lignac est devenu une star. Depuis, les émissions culinaires font saliver des millions de téléspectateurs. «Ces programmes ont démocratisé la cuisine, qui n'est plus vue comme une corvée. En conséquence, les Français sont retournés dans leur cuisine ces dernières années», analyse Sophie Gaubert, créatrice du blog Cooking is beautiful. Une tendance qui a littéralement explosé avec la crise depuis 2008. «Le 'fait maison' coûte moins cher que les petits plats industrialisés», selon la bloggueuse. Les Français ont aussi besoin de se faire plaisir dans le contexte actuel. «Les injonctions du genre 'cinq fruits et légumes' par jour, ils en ont ras-le-bol. Le discours culpabilisant du 'tout santé' a fait son temps.»

La cuisine est surtout le symbole de la convivialité. «Plus généralement, les loisirs créatifs permettent de s'épanouir, de rencontrer de nouvelles personnes et ainsi de créer du lien», observe l'association Familles Rurales. «Ces activités sont aussi l'occasion d'acquérir une technique nouvelle ou de partager ses compétences.» C'est notamment ce que propose le BHV avec ses ateliers bricolage. «Les gens qui viennent suivre nos cours ont souvent un projet personnel en tête», explique Catherine Pouyanne, responsable de ces ateliers. «Ils souhaitent apprendre à peindre un mur, rénover un meuble, poser du papier peint, utiliser une perceuse, ou bien élargir leurs compétences à des travaux plus lourds comme la plomberie ou l'électricité.»

Trou générationnel

Le «come-back» le plus spectaculaire reste celui du tricot. «Le crochet qui était le summum du ringard est devenu très à la mode surtout auprès d'un jeune public», confirme Flore Vallery-Radot, qui a créé Tricotin.com, en 1999, un site qui propose des cours de tricotage et une boutique en ligne. A l'époque, son pari était jugé risqué. Aujourd'hui, elle se frotte les mains. «Nos visiteurs uniques sont de plus en plus nombreux et atteignent les 22.000 par jour !» Les ventes de matériel se sont accélérées en parallèle. «Nous vendons plus de trois rouets par mois pour faire des fils originaux et environ trois métiers à tisser par semaine minimum», souligne la jeune entrepreneuse. Et sa clientèle est âgée de 25 à 35 ans ! C'est le cas de Juliette Smeets, professeur d'anglais à Bourges, qui a rejoint un club qui se réunit dans un pub de la ville chaque semaine. «Tricoter en buvant un verre avec des amies redonne un coup de jeune à cette activité.»

Le tricot est aussi un moyen de se démarquer du lot. «Certains en profitent pour fabriquer des produits très personnalisés qui ne se verront jamais dans le commerce», raconte Juliette Smeets. Qu'ils soient plutôt tricot, cuisine ou couture, ces trentenaires plébiscitent le savoir-faire de leurs grands-mères. «Ils comblent, avec ces passions, un manque dans leur éducation», souligne Flore Vallery-Radot, de Tricotin.com. «Dans les années 1970, la révolution sexuelle a encouragé les femmes à se détourner des tâches comme la cuisine, la couture ou le tricot. Une génération a été perdue.»

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  • spjm le lundi 28 nov 2011 à 11:20

    Le fait maison est bénéfique, surtout lorsque on bricole, on fait des économies.