Le face-à-face Copé-Fillon se précise, reste l'inconnue Bertrand

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LA PRÉSIDENCE DE L'UMP SE JOUERA PROBABLEMENT DANS UN DUEL ENTRE FILLON ET COPÉ
LA PRÉSIDENCE DE L'UMP SE JOUERA PROBABLEMENT DANS UN DUEL ENTRE FILLON ET COPÉ

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Les "petits" candidats à la présidence de l'UMP ne se résolvent pas à un duel entre François Fillon et Jean-François Copé, même si ce scénario s'impose comme le plus probable à l'approche du dépôt des parrainages, fixé au 18 septembre.

Plusieurs responsables de l'UMP, dont les candidats déclarés Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, à la peine dans la collecte des parrainages, avaient réclamé la semaine dernière un bureau politique extraordinaire pour dissiper le "malaise" que suscitent selon eux les modalités du scrutin des 18 et 25 novembre.

Pour briguer les suffrages des 264.137 militants à jour de cotisation au 30 juin, les prétendants doivent avoir obtenu les parrainages d'au moins 7.924 adhérents du parti dans dix fédérations au minimum.

Les concurrents conviennent à l'unisson que ces statuts, datant de la création de l'UMP en 2002, sont aujourd'hui obsolètes, mais le secrétaire général du parti, Jean-François Copé, à l'instar de l'équipe rivale de François Fillon, soulignent l'impossibilité de modifier les règles d'ici l'élection. Les statuts ne sont révisables que par le congrès.

Aussi la demande de Nathalie Kosciusko-Morizet, appuyée par Henri Guaino, un autre postulant à la présidence du parti, d'un report du dépôt des parrainages a-t-elle été repoussée mercredi lors de la réunion de rentrée du bureau politique, que Jean-François Copé avait refusé d'avancer.

Selon des participants, ce rendez-vous dont on craignait qu'il n'accentue des tensions déjà vives s'est déroulé dans un climat serein, au point d'inspirer à Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP, une boutade en rapport avec la succession contestée de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste: "Au PS, c'est Harlem, à l'UMP, c'est Broadway!"

"ON NE BIDOUILLE PAS"

L'ancien Premier ministre Alain Juppé, qui avait un temps avancé l'idée de jouer les pacificateurs pour éviter un affrontement fratricide, a insisté sur la nécessité de respecter les statuts et le calendrier, a-t-on rapporté.

Bruno Le Maire lui-même s'est dissocié de la requête de Nathalie Kosciusko-Morizet en déclarant qu'on ne "bidouille pas" les règles pour des "convenances personnelles".

"Le choix a été fait de ne pas reporter les délais comme certains le demandaient pour une raison très pratique, liée au fait que nous avons des statuts et que nous ne pouvons pas y déroger sous peine de faire l'objet de contentieux en annulation de l'élection", a expliqué par la suite Jean-François Copé.

"NKM" a également suggéré l'envoi d'un nouveau courrier pour alerter les militants mais le trésorier du parti, Dominique Dord, s'est alarmé du coût excessif -environ 250.000 euros- d'une telle démarche, ont précisé des participants.

Rien ne filtrera officiellement mardi prochain de la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) chargée de récolter les parrainages. Après vérifications, le nom des candidats sera connu le 4 octobre.

BERTRAND MÉNAGE LE SUSPENSE

Si les têtes d'affiche ne font guère de doute, une inconnue demeure: la "troisième voie" qu'ambitionnent d'incarner Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire sera-t-elle finalement tracée par Xavier Bertrand?

L'ancien ministre du Travail, qui affirme être en possession des quelque 8.000 parrainages nécessaires, a esquissé sans succès l'hypothèse d'un ticket avec "NKM" et "BLM", et réserve sa réponse finale jusqu'au 16 septembre.

Les soutiens de Jean-François Copé, qui entretint des relations acrimonieuses avec Xavier Bertrand durant son mandat à la tête de l'UMP de 2008 à 2010, soutiennent que le député de l'Aisne s'est "défillonisé" et ne digère toujours pas le manque de soutien de François Fillon lors de l'élection à la présidence du groupe UMP à l'Assemblée, remportée haut la main en juin par un fidèle de Jean-François Copé, Christian Jacob.

"Il n'a pas d'illusions sur sa relation avec Fillon, mais ça ne préjuge de rien. Quand vous voyez que Christian Estrosi, qui était très dur avec Fillon, l'a finalement rallié...", glisse un proche du secrétaire général de l'UMP.

Dans le camp de François Fillon, on rappelle le dénigrement systématique dont Xavier Bertrand fut la cible de la part de Jean-François Copé. Eric Ciotti, le directeur de campagne du député de Paris, a lancé mardi un appel à Xavier Bertrand, soulignant une convergence de "convictions" et de "valeurs".

A la recherche de l'équation gagnante, les deux camps rivaux s'interrogent sur une autre variable: quelle sera l'attitude d'Alain Juppé, cofondateur de l'UMP, qui affirme dans Sud-Ouest ne pas avoir choisi son candidat?

Le maire de Bordeaux a livré des indices en bureau politique: pour lui, le candidat idéal devra savoir faire vivre les courants au sein de l'UMP, s'atteler au projet politique du parti et déconnecter le congrès de la présidentielle de 2017.

Les partisans de Jean-François Copé ont voulu y voir un signe possible d'adoubement.

Edité par Patrick Vignal

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