Le duel Fillon-Copé troublé par des outsiders

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NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET CANDIDATE À LA PRÉSIDENCE DE L'UMP
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET CANDIDATE À LA PRÉSIDENCE DE L'UMP

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Plusieurs candidats virtuels ou déclarés à la présidence de l'UMP semblent bien décidés à venir troubler le duel annoncé entre l'ex-Premier ministre François Fillon et le secrétaire général du principal parti de la droite, Jean-François Copé.

Dernière en date, l'ex-ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé samedi qu'elle briguerait le vote des militants lors du congrès de l'UMP, en novembre pour proposer une "troisième voie" entre ces deux ténors.

Elle a expliqué à Reuters avoir retiré d'une tournée des fédérations de l'UMP la conviction qu'il y avait "un grand désarroi" au sein du parti face à cette "bataille de personnes".

"J'ai la conviction que les militants sont prêts à accueillir une solution alternative", explique l'ex-porte-parole de campagne du président-candidat Nicolas Sarkozy. "Moi, j'ai envie de leur proposer quelque chose d'un peu plus apaisé."

"Ce n'est pas contre les uns ou contre les autres. D'ailleurs on ne m'entendra pas dire des choses désagréables des uns ou des autres", ajoute-t-elle.

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a créé un mouvement, "La France droite", et lancera la semaine prochaine sa campagne pour recueillir les 8.000 parrainages requis pour être candidate, dit vouloir proposer une "refondation de la droite".

"Il faut qu'on dise clairement où on est", dit-elle. "Pour moi, c'est sans concession avec le Parti socialiste et sans compromission avec le Front national (...) Je ne me place pas dans la perspective de la fusion des droites."

Elle revendique néanmoins une "filiation" politique avec Nicolas Sarkozy, malgré la campagne très à droite de l'ancien président, battu le 6 mai par le socialiste François Hollande.

Elle prône une "décentralisation" de l'UMP qu'elle juge trop centralisée parce que "construite pour la présidentielle".

L'UMP sort de deux défaites électorales, la présidentielle d'avril-mai et les législatives de juin. Mais si le parti tente de combler le vide laissé par Nicolas Sarkozy après son échec, c'est plutôt le trop-plein qui menace.

"On sent la décision précipitée et solitaire", commente un de ses anciens ministres à propos de la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet.

COPÉ ZEN, SOUTENU PAR RAFFARIN

Jusqu'ici, seuls François Fillon et le trésorier de l'UMP, Dominique Dord, avaient officiellement fait acte de candidature. Mais Jean-François Copé ne fait pas mystère de sa volonté de briguer également les suffrages des militants.

Un autre ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, envisage de déclarer sa candidature fin août et a d'ores et déjà lancé sa chasse aux parrainages.

"Je veux avancer des idées neuves avant d'annoncer une candidature", a dit à Reuters ce proche de l'ancien président Jacques Chirac et de son Premier ministre Dominique de Villepin.

"Notre parti a besoin d'un renouveau profond", a ajouté l'ancien ministre de l'Agriculture. "Et j'ai toujours dit que je ne me lancerai pas dans une aventure solitaire."

Bruno Le Maire, qui fait partie comme Nathalie Kosciusko-Morizet de la génération montante de la droite française, revendique le soutien de 20 sénateurs et assure que d'autres parlementaires se manifesteront dans les prochains jours.

Face à la multiplication des candidatures, Jean-François Copé affiche une sérénité à toute épreuve.

"Toutes les ambitions sont légitimes et respectables et je me réjouis de voir que des personnalités de cette qualité sont intéressées par l'idée d'être candidates", a-t-il dit à Reuters. "C'est quelque chose que je respecte totalement. Pour moi, il n'y a pas de sujet."

Le fait de tenir l'appareil du parti est a priori pour lui un avantage. Mais selon plusieurs sondages, François Fillon est aujourd'hui le favori des sympathisants UMP. ().

Le secrétaire général de l'UMP a cependant marqué un point samedi dans la chasse aux ralliements, avec une intervention remarquée de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Le profil de François Fillon "ne me semble pas être celui d'un chef de parti", déclare le sénateur de la Vienne dans une interview publiée par Le Monde.

Il déclare en revanche que le secrétaire général de l'UMP, "un excellent organisateur", a sa confiance - "Il a le sens de l'équipe. Il y a du Chirac en lui", ajoute-t-il.

François Fillon et Jean-François Copé sont considérés comme les principaux candidats potentiels à une investiture de l'UMP pour l'élection présidentielle de 2017.

Mais attention, avertit Nathalie Kosciusko-Morizet : "Notre prochaine échéance c'est l'élection municipale (de 2014). Une des raisons pour lesquelles on a perdu en 2012 c'est qu'on avait perdu toutes les élections locales."

Edité par Jean-Stéphane Brosse et Marine Pennetier

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  • LeRaleur le samedi 21 juil 2012 à 15:25

    La machine à perdre de l'UMP, entre autres certains.