Le duel entre Fillon et Copé pour l'UMP tourne à l'aigre

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LE CLIMAT SE TEND ENTRE LES DEUX CANDIDATS À LA PRÉSIDENCE DE L'UMP
LE CLIMAT SE TEND ENTRE LES DEUX CANDIDATS À LA PRÉSIDENCE DE L'UMP

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - A une semaine de l'élection à la présidence de l'UMP, un exercice démocratique sans précédent dans l'histoire du parti néo-gaulliste, le climat se tend entre les deux candidats, Jean-François Copé et François Fillon qui, dans une charge d'une rudesse inédite, accuse son adversaire de "double langage".

Les adhérents à jour de cotisation (264.000 au 30 juin) sont appelés dimanche prochain à départager l'ancien Premier ministre et le secrétaire général de l'UMP dans un scrutin à suspense, même si les enquêtes auprès des sympathisants de l'UMP prédisent systématiquement la victoire de François Fillon.

"On est tous dans le doute. On n'a aucun moyen rationnel, statistique, d'évaluation", souligne un élu UMP.

Le nombre des votants potentiels reste à ce jour imprécis car les adhérents ayant acquitté leur cotisation en 2011 peuvent la renouveler jusqu'au jour du vote. Un vote papier traditionnel, de 09h00 à 18h00, dans des bureaux de vote répartis dans les 577 circonscriptions. Les résultats devraient être proclamés tard dans la nuit.

La participation reste donc une inconnue pour les deux états-majors. Les analystes conviennent qu'un faible taux de participation, porté par les plus radicaux des adhérents, favoriserait le député-maire de Meaux, qui s'est inscrit dans les pas de Nicolas Sarkozy.

"Moins il y aura de votants, plus ce sera Copé. Ce seront les purs et durs qui se prononceront", confirme un proche de l'ex-président, dont l'ombre plane immanquablement sur le vote.

Selon un sondage Ifop publié dans le Journal du Dimanche, 64% des sympathisants UMP souhaitent que Nicolas Sarkozy se présente à l'élection présidentielle de 2017.

L'UNITÉ DE L'UMP EN QUESTION

Fatigue, tensions, coups de griffe, soupçons sur l'organisation du vote : la longue et âpre campagne pour la présidence de l'UMP, qui conférera au gagnant un mandat de trois ans pour préparer notamment les élections municipales de 2014, a mis à mal la famille gaulliste.

Les fondateurs de l'UMP, créée en 2002 pour mettre fin théoriquement aux querelles fratricides de l'ère RPR-UDF, craignent pour la cohésion et l'avenir du mouvement.

Deux lignes s'affrontent : "une droite décomplexée", renouant avec les accents droitiers de Nicolas Sarkozy dans l'entre-deux-tours de la présidentielle 2012, défendue "sans tabous" par Jean-François Copé, 48 ans, "le résistant"; une droite à la tonalité plus centriste que François Fillon, 58 ans, "le rassembleur", ambitionne d'incarner en 2017.

Difficile néanmoins de discerner de profondes divergences idéologiques entre les deux hommes, qui s'accordent sur les dossiers économiques (réduction des déficits, suppression des 35 heures, flexibilité du marché du travail) comme sociétaux (non au droit de vote des étrangers, refus du mariage homosexuel).

C'est sur le style, la personnalité, que les deux hommes ont voulu marquer leur différence dans un face-à-face officiellement cordial où les entourages ont porté les coups les plus incisifs.

François Fillon, qui avait jusqu'à présent laissé ses lieutenants, notamment Laurent Wauquiez, alimenter la guerre des mots, prend le relais dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France avec des attaques vipérines.

"CE N'EST PAS LE FRANÇOIS FILLON QUE JE CONNAIS"

Le député de Paris accuse son adversaire de "cliver" avec des sujets qui "déchirent la société" comme le "racisme anti-Blancs" ou les dérives supposées du ramadan pour "rechercher le buzz à tout prix".

"Cliver pendant la campagne pour ensuite essayer de tendre la main à tous les Français, c'est un peu facile. Moi, je ne tiens pas de double discours", insiste-t-il. Il reproche à Jean-François Copé d'avoir eu la "tentation permanente", durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de l'opposer au chef de l'Etat.

François Fillon exprime également des doutes sur la transparence du scrutin - "j'espère que les vieilles habitudes ont été oubliées". "Ce sera sans doute serré, mais cela serait un peu étrange que les adhérents de l'UMP soient en décalage avec l'immense majorité de nos sympathisants".

L'entourage de Jean-François Copé, qui prend soin d'afficher une sérénité à toute épreuve, y voit un signe de fébrilité à l'approche du verdict des urnes.

Le député-maire de Meaux, qui ne manque pas d'égratigner son adversaire à chacun de ses meetings même s'il se défend de toute attaque personnelle, dit regretter des "mots de campagne" dans un entretien au JDD qui n'est pourtant pas exempt de piques.

Ainsi à propos de son concurrent : "Bien sûr qu'il vaut mieux être populaire, mais à condition de ne pas céder au politiquement correct par peur d'abîmer son image".

Jean-François Copé s'est étonné dimanche "d'un emballement un peu inédit". "Ce n'est pas le François Fillon que je connais", a-t-il déclaré dans le cadre du "Grand Rendez-vous" Europe 1/i>T par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - A une semaine de l'élection à la présidence de l'UMP, un exercice démocratique sans précédent dans l'histoire du parti néo-gaulliste, le climat se tend entre les deux candidats, Jean-François Copé et François Fillon qui, dans une charge d'une rudesse inédite, accuse son adversaire de "double langage".

Les adhérents à jour de cotisation (264.000 au 30 juin) sont appelés dimanche prochain à départager l'ancien Premier ministre et le secrétaire général de l'UMP dans un scrutin à suspense, même si les enquêtes auprès des sympathisants de l'UMP prédisent systématiquement la victoire de François Fillon.

"On est tous dans le doute. On n'a aucun moyen rationnel, statistique, d'évaluation", souligne un élu UMP.

Le nombre des votants potentiels reste à ce jour imprécis car les adhérents ayant acquitté leur cotisation en 2011 peuvent la renouveler jusqu'au jour du vote. Un vote papier traditionnel, de 09h00 à 18h00, dans des bureaux de vote répartis dans les 577 circonscriptions. Les résultats devraient être proclamés tard dans la nuit.

La participation reste donc une inconnue pour les deux états-majors. Les analystes conviennent qu'un faible taux de participation, porté par les plus radicaux des adhérents, favoriserait le député-maire de Meaux, qui s'est inscrit dans les pas de Nicolas Sarkozy.

"Moins il y aura de votants, plus ce sera Copé. Ce seront les purs et durs qui se prononceront", confirme un proche de l'ex-président, dont l'ombre plan immanquablement sur le vote.

Selon un sondage Ifop publié dans le Journal du Dimanche, 64% des sympathisants UMP souhaitent que Nicolas Sarkozy se présente à l'élection présidentielle de 2017.

L'UNITÉ DE L'UMP EN QUESTION

Fatigue, tensions, coups de griffe, soupçons sur l'organisation du vote : la longue et âpre campagne pour la présidence de l'UMP, qui conférera au gagnant un mandat de trois ans pour préparer notamment les élections municipales de 2014, a mis à mal la famille gaulliste.

Les fondateurs de l'UMP, créée en 2002 pour mettre fin théoriquement aux querelles fratricides de l'ère RPR-UDF, craignent pour la cohésion et l'avenir du mouvement.

Deux lignes s'affrontent : "une droite décomplexée", renouant avec les accents droitiers de Nicolas Sarkozy dans l'entre-deux-tours de la présidentielle 2012, défendue "sans tabous" par Jean-François Copé, 48 ans, "le résistant"; une droite à la tonalité plus centriste que François Fillon, 58 ans, "le rassembleur", ambitionne d'incarner en 2017.

Difficile néanmoins de discerner de profondes divergences idéologiques entre les deux hommes, qui s'accordent sur les dossiers économiques (réduction des déficits, suppression des 35 heures, flexibilité du marché du travail) comme sociétaux (non au droit de vote des étrangers, refus du mariage homosexuel).

C'est sur le style, la personnalité, que les deux hommes ont voulu marquer leur différence dans un face-à-face officiellement cordial où les entourages ont porté les coups les plus incisifs.

François Fillon, qui avait jusqu'à présent laissé ses lieutenants, notamment Laurent Wauquiez, alimenter la guerre des mots, prend le relais dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France avec des attaques vipérines.

"CE N'EST PAS LE FRANÇOIS FILLON QUE JE CONNAIS"

Le député de Paris accuse son adversaire de "cliver" avec des sujets qui "déchirent la société" comme le "racisme anti-Blancs" ou les dérives supposées du ramadan pour "rechercher le buzz à tout prix".

"Cliver pendant la campagne pour ensuite essayer de tendre la main à tous les Français, c'est un peu facile. Moi, je ne tiens pas de double discours", insiste-t-il. Il reproche à Jean-François Copé d'avoir eu la "tentation permanente", durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de l'opposer au chef de l'Etat.

François Fillon exprime également des doutes sur la transparence du scrutin - "j'espère que les vieilles habitudes ont été oubliées". "Ce sera sans doute serré, mais cela serait un peu étrange que les adhérents de l'UMP soient en décalage avec l'immense majorité de nos sympathisants".

L'entourage de Jean-François Copé, qui prend soin d'afficher une sérénité à toute épreuve, y voit un signe de fébrilité à l'approche du verdict des urnes.

Le député-maire de Meaux, qui ne manque pas d'égratigner son adversaire à chacun de ses meetings même s'il se défend de toute attaque personnelle, dit regretter des "mots de campagne" dans un entretien au JDD qui n'est pourtant pas exempt de piques.

Ainsi à propos de son concurrent : "Bien sûr qu'il vaut mieux être populaire, mais à condition de ne pas céder au politiquement correct par peur d'abîmer son image".

Jean-François Copé s'est étonné dimanche "d'un emballement un peu inédit". "Ce n'est pas le François Fillon que je connais", a-t-il déclaré dans le cadre du "Grand Rendez-vous" Europe 1/i>TÉLÉ/Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Critique sur "la manière dont le secrétaire général de l'UMP mène la campagne avec les moyens du parti", l'ex-Premier ministre s'attire une réplique de Jean-François Copé, qui glisse s'être entretenu avec ses "amis niçois" des risques d'irrégularités le jour du scrutin.

Il vise les deux hommes forts des Alpes-Maritimes, troisième fédération UMP en nombre d'adhérents, Eric Ciotti et Christian Estrosi, soutiens de François Fillon. Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, s'est ému sur Twitter de "propos choquants".

Les deux camps mesureront leurs forces cette semaine lors de deux meetings annoncés comme les points d'orgue de la campagne : François Fillon à Paris, lundi soir, et Jean-François Copé au Cannet (Alpes-Maritimes), mardi.

LE/Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Critique sur "la manière dont le secrétaire général de l'UMP mène la campagne avec les moyens du parti", l'ex-Premier ministre s'attire une réplique de Jean-François Copé, qui glisse s'être entretenu avec ses "amis niçois" des risques d'irrégularités le jour du scrutin.

Il vise les deux hommes forts des Alpes-Maritimes, troisième fédération UMP en nombre d'adhérents, Eric Ciotti et Christian Estrosi, soutiens de François Fillon. Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, s'est ému sur Twitter de "propos choquants".

Les deux camps mesureront leurs forces cette semaine lors de deux meetings annoncés comme les points d'orgue de la campagne : François Fillon à Paris, lundi soir, et Jean-François Copé au Cannet (Alpes-Maritimes), mardi.

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