Le drive poursuit sa conquête à marche forcée

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Ce canal de distribution devrait représenter 6 % du marché en 2015.

Pas une journée ne passe sans qu'un drive soit inauguré en France. Début octobre, on dénombrait 1817 points de retrait de courses alimentaires commandées sur Internet, soit 136 de plus en un mois, d'après une étude d'A3 Distrib et Éditions Dauvers. Avec plus de 200 drives inaugurés depuis le ­début de l'année, Intermarché se montre particulièrement actif. Mais il n'est pas le seul. Carrefour franchira aussi ce cap symbolique début décembre et Système U, numéro un avec 500 drives au compteur, ne prévoit pas de ralentissement. «Nous avons l'objectif d'atteindre 1000 drives dans cinq ans, avance Serge Papin, PDG de Système U. Si les ventes réalisées par ce service continuent à doubler cette année, nous devrions franchir le milliard d'euros fin 2013.»«Les ventes de l'ensemble des drives devraient atteindre les 2 milliards d'euros à la fin de l'année, dont la moitié pour Leclerc», estime Olivier Dauvers. Le groupement de Michel-Édouard Leclerc a même anticipé de deux ans, à 2013, son objectif d'atteindre 400 drives.

L'enseigne, qui étudie l'extension du drive à Paris, a vu juste: ce canal a contribué à hauteur de 23 % à sa croissance au premier semestre, mais il lui a surtout permis de gagner du terrain. «Les trois quarts de nos clients drive ne venaient pas chez Leclerc auparavant», explique Philippe Heude, directeur général du Leclerc de Vitry-sur-Seine, avec son drive mitoyen. Ouvert en juin, ce dernier enregistre déjà 300 commandes par jour, à 100 euros en moyenne (contre 60 euros dans l'hypermarché), et jusqu'à 500 le week-end et le lundi.


Conserver ses clients

«Les consommateurs prennent rapidement leurs habitudes: une fois la liste de courses enregistrée, le gain de temps est perceptible, explique Gaëlle Le Floch, strategic insight director chez Kantar Worldpanel. C'est le premier motif d'utilisation du drive, suivi par son emplacement, idéalement situé sur le trajet du ­travail, par exemple. De plus, les consommateurs apprécient que les prix soient au même niveau qu'en magasin, contrairement à la livraison à domicile, et qu'il soit possible de piloter son budget au centime près. Développer le drive est devenu une urgence pour les distributeurs.»

Si le drive a été inventé il y a douze ans à Leers (Nord) par Auchan, la crainte de cannibalisation a longtemps freiné les ardeurs des distributeurs. Tout comme l'épineuse question de la rentabilité d'un service qui revient à faire pousser les chariots par ses employés et non plus par ses clients. Système U fait payer des frais de préparation, alors que la gratuité est la norme chez ses concurrents. Dans la plupart des drives, les marques propres - plus rentables - sont surreprésentées (jusqu'à 42 % de l'offre chez Leclerc). Enfin, toutes les enseignes ne se sont pas encore risquées à la construction d'un entrepôt éloigné du magasin.

Tous les états-majors sont désormais conscients que nombre de consommateurs sont demandeurs d'un service drive: en 2010, moins de 3 % avaient tenté l'expérience, ils sont désormais 11,4 %. «Sur le seul mois de septembre, les achats en drive ont représenté 2,6 % des dépenses des Français, soit l'équivalent d'enseignes telles que Simply Market ou Aldi», note Kantar Worldpanel, dans une étude à paraître lors des journées de l'Institut français du merchandising. Le cabinet prévoit que 4,5 millions de Français seront séduits d'ici à 2015, ce qui ferait monter la part de marché à 6,1 %.

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  • fred4545 le jeudi 15 nov 2012 à 16:34

    C'est génial ce dispositif.SI vous voulez tout savoir sur le drive : http://www.meilleurdrive.com

  • raph73 le jeudi 15 nov 2012 à 12:53

    les gens vont continuer a se rencontrer de moins en moins. tout devient de + en + automatisé.