Le Drian exhorte les Maliens à accélérer le processus d'Alger

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    * Situation toujours chaotique au centre et au Nord 
    * Le processus de paix patine, la situation se dégrade 
    * Bamako accueille un sommet Afrique France en janvier 
    * La situation suscite l'inquiétude des Américains 
 
    par Marine Pennetier 
    DAKAR, 6 décembre (Reuters) - L'application de l'accord de 
paix d'Alger est la seule solution pour le Mali, a déclaré mardi 
Jean-Yves Le Drian, appelant l'ensemble des acteurs à faire 
pression pour accélérer le processus face à une situation 
sécuritaire toujours chaotique. 
    "Il n'y a pas d'autre sortie", a souligné le ministre 
français de la Défense lors d'une conférence de presse en marge 
du forum sur la paix et la sécurité en Afrique, à Dakar. 
    "Je constate que ça met du temps, je le regrette, je sens 
bien que le processus de DDR (désarmement, démobilisation et 
réintégration-NDLR) traîne encore des réserves, il est 
nécessaire que l'ensemble des acteurs fassent pression, mettent 
les moyens, y compris les moyens politiques pour que ces accords 
soient respectés", a-t-il poursuivi. 
    "C'est la seule possibilité de lutter sérieusement et 
définitivement contre les groupes armés terroristes".   
    Conclu en mai et en juin 2015 entre le gouvernement malien, 
des mouvements armés et la Coordination des mouvements de 
l'Azawad (CMA), l'accord d'Alger prévoit entre autres la mise en 
place d'autorités intérimaires dans le Nord, de patrouilles 
mixtes, et la mise en oeuvre du programme DDR des ex-rebelles. 
    Plus d'un an plus tard, sa mise en oeuvre patine et la 
situation sécuritaire se dégrade, suscitant l'inquiétude de 
l'Onu et de l'Union européenne notamment.   
    Car si l'opération française Serval lancée en janvier 2013 a 
permis de chasser en grande partie les groupes armés qui 
menaçaient à l'époque la capitale Bamako, ces derniers 
conservent toujours "un pouvoir de nuisance" et ont multiplié 
ces derniers mois les attaques à l'engin explosif contre les 
forces locales et internationales, notamment dans le Nord.  
     
    "PLUS LA MÊME SITUATION" 
    Fin novembre, une attaque au camion piégé, revendiquée par 
l'organisation Al Mourabitoune, liée à Al Qaïda au Maghreb 
islamique (Aqmi), a visé l'aéroport de Gao, détruisant les 
bureaux de la mission de la paix de l'Onu situés à côté du 
terminal qui a dû être fermé.  
    Plus récemment, dans la nuit de lundi à mardi, des 
combattants islamistes présumés ont attaqué une prison dans le 
centre du Mali, et libéré tous les détenus.  
    "Nous ne sommes plus dans la situation de 2013", a souligné 
Jean-Yves Le Drian mardi à Dakar. "L'action qui a été menée et 
par Serval et par Barkhane a permis de porter des coups très 
importants à cette menace mais il y a toujours des petits 
creusets qui ont amené les terroristes à agir d'une autre 
manière, de manière plus classique et c'est contre cette 
menace-là qu'il nous faut poursuivre l'action et nous la 
mènerons".  
    Quelque 11.000 casques bleu de la Minusma, la force de 
maintien de la paix de l'Onu, sont déployés au Mali, aux côtés 
des forces françaises, présentes dans le cadre de l'opération 
antiterroriste régionale Barkhane, et des forces maliennes. 
    Le théâtre malien est devenu l'un des théâtres les plus 
meurtriers pour l'Onu dont plus d'une centaine d'hommes ont été 
tués depuis juillet 2013. Seize soldats français ont été 
également tués depuis le déclenchement de Serval.  
    "L'armée française ne peut pas se permettre de perdre un 
soldat tous les trois mois", souligne-t-on à Paris.  
    La situation au Mali inquiète également Washington, qui agit 
en "deuxième rideau" dans la région, en apportant un soutien 
logistique et en matière de renseignement aux forces françaises. 
    "Ce n'est pas tant le Nord Mali qui nous préoccupe dans le 
court terme que la progression des violences vers le sud du 
pays", a dit à Reuters le vice-amiral Michael Franken, 
commandant adjoint pour les opérations militaires de l'Africom, 
en marge du forum de Dakar. "Il ne s'agit pas d'un seul groupe 
mais de groupes multiples qui manifestent leurs griefs de 
manière violente." 
    Le Mali doit accueillir mi-janvier le 27e sommet 
Afrique-France à Bamako auquel sont attendus plusieurs dizaines 
de chefs d'Etat et de gouvernement.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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