Le Drian en Russie pour parler coordination contre l'EI

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    * Trois semaines après la rencontre Hollande-Poutine 
    * La coopération peine à se concrétiser 
    * Moscou assure soutenir les opposants à Assad 
 
 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    par Marine Pennetier 
    PARIS, 17 décembre (Reuters) - Le ministre français de la 
Défense sera en Russie dimanche et lundi pour évoquer la 
coordination dans la lutte contre l'Etat islamique qui, trois 
semaines après la visite de François Hollande à Moscou, reste 
symbolique. 
    La visite de Jean-Yves Le Drian sera l'occasion d'"évoquer 
les modalités de coordination dans la lutte contre Daech 
(acronyme arabe de l'EI-NDLR) au Levant", a indiqué le 
porte-parole du ministère, Pierre Bayle, lors d'une conférence 
de presse à Paris. 
    "Cela fait partie des efforts internationaux pour renforcer 
la coalition contre Daech", a-t-il ajouté, sans donner plus de 
précisions.  
    La France et la Russie ont convenu le 26 novembre, à 
l'occasion d'une rencontre entre François Hollande et Vladimir 
Poutine, d'intensifier leurs échanges d'informations et de 
renforcer leur coordination dans la lutte contre l'EI en Syrie. 
    Cette rencontre concrétisait le rapprochement esquissé par 
Moscou après les attentats du 13 novembre à Paris - revendiqués 
par l'Etat islamique - et l'attentat qui a provoqué le 31 
octobre la destruction d'un avion de ligne russe au-dessus de 
l'Egypte. 
    Signe d'une certaine détente entre les deux pays qui 
s'opposent sur le sort de Bachar al Assad, le président russe 
avait ordonné à la flotte russe déployée en mer Méditerranée 
d'entrer en contact avec le porte-avions Charles-de-Gaulle et de 
travailler avec la France comme avec des "alliés".  
    Quelques jours plus tard à Moscou, les deux présidents se 
mettaient d'accord pour ne pas viser les groupes luttant contre 
l'Etat islamique en Syrie, selon François Hollande. Vladimir 
Poutine avait lui indiqué que les forces russes s'abstiendraient 
de viser les rebelles modérés.  
     
    "PAS TOUT À FAIT MIS EN OEUVRE" 
    Trois semaines plus tard, l'engagement russe peine à se 
vérifier sur le terrain.  
    Si au ministère français de la Défense on fait état d'une 
évolution dans les objectifs visés par l'armée russe avec 50% de 
frappes visant l'EI contre 20% précédemment, d'autres sources 
diplomatiques font elles plutôt état d'un statu quo.  
    Mercredi, le chef de la diplomatie britannique Philip 
Hammond a accusé la Russie de continuer à frapper en priorité 
l'opposition syrienne plutôt que des cibles liées à l'EI et a 
jugé "inacceptable" que l'action russe affaiblisse l'opposition. 
    La Russie s'est engagée à ne plus frapper sur des groupes 
qui combattent l'Etat islamique, "or sur le terrain la tendance 
est inverse", souligne une source diplomatique française. Ce qui 
a été décidé à Moscou "n'est pas tout à fait mis en oeuvre 
aujourd'hui".  
    "Si on veut pouvoir travailler ensemble il faut qu'on puisse 
partager un objectif et cet objectif, si on le met au minimal, 
c'est ne frapper que les groupes terroristes à commencer par 
Daech", renchérit une autre source française. 
    Jeudi, Vladimir Poutine a une nouvelle fois assuré que ses 
forces soutenaient les forces de l'opposition qui combattaient 
l'Etat islamique. 
    Devant la commission de Défense nationale de l'Assemblée 
nationale le 25 novembre dernier, à la veille de la rencontre à 
Moscou, le chef d'état-major des armées françaises avait précisé 
que "s'agissant de la relation avec les Russes, il fallait 
procéder par étapes". 
    "Il faut se mettre d'accord pour combattre ensemble notre 
ennemi commun", soulignait le général Pierre de Villiers. "Une 
fois ce point politique réglé, nous pourrons organiser une 
coordination militaire. Aujourd'hui nous n'en sommes pas là", 
estimait-il.  
    Engagée en Irak depuis septembre 2014 et en Syrie depuis 
septembre, la France a intensifié ses frappes contre l'EI depuis 
les attentats du 13 novembre. 
 
 (avec Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet) 
 
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