Le drapeau irakien hissé dans le centre de Ramadi

le , mis à jour à 22:17
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 (Actualisé, Abadi, Hollande, Maison blanche, §§ 6-9) 
    par Stephen Kalin et Saif Hameed 
    BAGDAD, 28 décembre (Reuters) - Des unités antiterroristes 
ont hissé lundi le drapeau irakien sur le complexe administratif 
de Ramadi repris la veille par les forces gouvernementales aux 
djihadistes de l'Etat islamique.  
    "Oui, la ville de Ramadi a été libérée. Les forces 
antiterroristes irakiennes ont hissé le drapeau irakien sur le 
siège de l'administration provinciale de l'Anbar", a déclaré à 
la télévision publique le général Yahya Rasoul, porte-parole du 
commandement des opérations conjointes. La scène a été filmée 
par la télévision nationale.  
    Cette reconquête du chef-lieu de la province d'Anbar, passé 
en mai dernier sous la coupe de l'EI, constitue la plus 
importante victoire de l'armée régulière face aux djihadistes, 
qui l'avaient mise en déroute en s'emparant d'un tiers du 
territoire irakien il y a dix-huit mois.  
    "La libération du siège de l'administration est un succès 
important. C'est le fruit de nombreux mois de travail acharné", 
s'est félicité le colonel Steve Warren, au nom de la coalition 
internationale formée par les Etats-Unis pour combattre l'Etat 
islamique (EI).  
    Outre les 630 raids aériens menés à Ramadi et dans le 
secteur, la coalition a contribué à la formation et à 
l'équipement de l'armée, de la police et des unités 
antiterroristes locales, a-t-il précisé. 
    Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, dans une 
allocution télévisée, a salué la reconquête de Ramadi et affirmé 
que l'année 2016 verrait la défaite totale des djihadistes de 
l'EI. "2016 sera l'année de la grande victoire finale, qui verra 
la fin de la présence de Daech en Irak", a-t-il dit en utilisant 
l'acronyme arabe de l'Etat islamique. 
     
    PIÈGES 
    "Nous allons entreprendre de libérer Mossoul et cela sera le 
coup fatal et final (porté) à Daech", a-t-il ajouté en parlant 
de la plus grande ville sous le contrôle de l'EI, dans le nord 
de l'Irak. 
    Le président français, François Hollande, s'est entretenu au 
téléphone avec Haïdar al Abadi et "l'a félicité pour la 
libération de la ville de Ramadi par les forces irakiennes, qui 
constitue la plus importante victoire depuis le commencement de 
la lutte contre l'organisation terroriste Daech", a déclaré 
lundi l'Elysée dans un communiqué. 
    A Washington, la Maison blanche a rapporté que le président 
Barack Obama, en vacances à Hawaï, avait été informé des progrès 
de l'armée irakienne. "Les progrès continus des forces de 
sécurité irakiennes dans le combat pour reprendre Ramadi 
témoignent de leur courage et de leur détermination, et de notre 
engagement commun à chasser l'EI de ses sanctuaires", a dit la 
présidence américaine dans un communiqué. 
    Les forces gouvernementales irakiennes, qui encerclaient 
Ramadi depuis plusieurs semaines, sont passées à l'assaut la 
semaine dernière et ont pris le siège de l'administration 
provinciale dimanche. Leur progression a toutefois été ralentie 
par les bombes et autres pièges laissés par les djihadistes. Il 
reste en outre plusieurs poches de résistance, reconnaissent les 
services de sécurité.  
    Des tirs et une explosion ont retenti alors qu'un 
journaliste de la télévision publique interrogeait des 
militaires célébrant la victoire. Une colonne de fumée était 
visible à l'arrière-plan. 
     
    PROCHAIN OBJECTIF: MOSSOUL 
    Le ministre des Finances, Hochiar Zébari, a assuré que la 
prise de la ville était "une affaire réglée". "Le plus 
important, c'est de sécuriser Ramadi, parce que Daech peut 
rebondir", a-t-il toutefois reconnu.  
    Les autorités irakiennes, soucieuses de faire la preuve des 
capacités de leurs forces après la déroute de l'été 2014, 
promettaient depuis des mois de repousser les rebelles dans la 
province d'Anbar, berceau de la minorité sunnite, qui s'étend 
des faubourgs ouest de Bagdad jusqu'à la frontière syrienne 
autour du bassin fertile de l'Euphrate.   
    Aucun des grands centres urbains dont l'EI s'est emparé 
n'avait encore été repris par l'armée, qui se contentait 
jusqu'ici d'appuyer les puissantes milices chiites soutenues par 
l'Iran. Pour éviter les tensions avec les sunnites, majoritaires 
à Ramadi, le gouvernement irakien les a, cette fois, tenues à 
l'écart des combats. Etre associé à des milices pro-iraniennes 
aurait, qui plus est, embarrassé Washington. 
    Aucun bilan n'a été avancé après la bataille de Ramadi. 
L'essentiel de la population avait été évacué avant l'assaut, 
selon les autorités.   
    La sécurité de la ville sera confiée à la police locale et à 
une milice tribale sunnite lorsque tout sera rentré dans 
l'ordre, a promis Haïdar al Abadi.   
    Le prochain objectif sera Mossoul, a par ailleurs fait 
savoir son gouvernement. La grande ville du Nord, qui comptait 
près de deux millions d'habitants avant de tomber en juin 2014 
aux mains des djihadistes, est de loin leur plus grosse prise. 
La leur reprendre les priverait d'une bonne part de leurs 
revenus, issus des impôts et du trafic de pétrole, mais aussi de 
l'essentiel de leurs structures pseudo-étatiques en Irak. 
 
 (Avec Maher Chmaytelli et Ahmed Rasheed; Jean-Stéphane Brosse, 
Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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