Le drapeau de l'Etat islamique flotte sur l'est de Kobani

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(actualisé tout du long) par Daren Butler MURSITPINAR, Turquie, 6 octobre (Reuters) - Des djihadistes de l'Etat islamique ont hissé lundi leur drapeau noir sur un bâtiment des faubourgs est de la ville kurde syrienne de Kobani, après pratiquement trois semaines d'offensive, mais les défenseurs kurdes affirment que les assaillants n'ont pas atteint le coeur de l'agglomération. Un pavillon noir de l'EI était visible de la frontière turque, flottant au-dessus d'un bâtiment de quatre étages proche des secteurs où se sont déroulés les affrontements les plus intenses de ces derniers jours. De source kurde à Kobani, également appelée Aïn al Arab, on confirmait que des djihadistes de l'EI avaient bien planté un drapeau mais en ajoutant que les forces kurdes avaient jusqu'à présent repoussé leur progression. "L'EI a seulement hissé un drapeau sur un bâtiment de la partie orientale de la ville", a dit Ismaïl Eskin, journaliste présent dans la ville. "Ce n'est pas à l'intérieur même de la ville, mais dans sa partie orientale. Ils (les hommes de l'EI) ne sont pas à l'intérieur de la ville. Des combats acharnés se poursuivent", a-t-il expliqué. "Durant la journée, les combattants de l'EI réussissent à certains moments à gagner du terrain, mais l'YPG (forces de défense kurdes) les repousse. Il y a des affrontements dans le secteur, mais ils (les djihadistes) ne sont pas à l'intérieur de la ville, l'YPG résiste", a dit pour sa part Pawer Mohammed Ali, traducteur pour le compte du parti kurde PYD, dans Kobani. Les djihadistes se sont rapprochés de la ville ces derniers jours en dépit des frappes aériennes menées contre ses positions par les Etats-Unis et leurs alliés arabes. Des obus de mortier sont tombés sur des quartiers d'habitation de Kobani et des tirs ont même atteint le territoire turc voisin. Au cours du week-end, des combats ont eu lieu autour de la colline de Mistanour, hauteur stratégique située au sud-ouest de la ville. L'offensive des djihadistes en direction de Kobani a poussé à l'exode en Turquie autour de 180.000 Kurdes syriens. L'Etat islamique cherche à faire tomber Kobani pour s'assurer le contrôle sans interruption d'une longue bande de territoire à la frontière turque, après les gains qu'il a enregistrés, depuis juin, dans le nord de l'Irak mais aussi en Syrie. (avec Mariam Karouny à Beyrouth et Humeyra Pamuk à Istanbul; Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français)

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