Le drapeau américain flotte à l'ambassade des Etats-Unis à Cuba

le , mis à jour à 17:37
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* Il ne flottait plus depuis 54 ans * C'est un symbole du rapprochement entre Washington et La Havane * Mais une normalisation en profondeur s'annonce délicate (Actualisé avec drapeau hissé, déclarations de Kerry) par Daniel Trotta et Lesley Wroughton LA HAVANE, 14 août (Reuters) - Le drapeau américain a été hissé vendredi devant l'ambassade des Etats-Unis à Cuba, une première depuis 54 ans, au cours d'une cérémonie symbolique du rapprochement entre les deux pays à laquelle a assisté le chef de la diplomatie américaine, John Kerry. Trois Marines américains ont hissé la bannière étoilée sous les yeux de trois de leurs aînés, aujourd'hui à la retraite, qui l'avaient abaissée en 1961, deux ans après l'arrivée au pouvoir des révolutionnaires conduits par Fidel Castro. Conséquence de la guerre froide et des tensions persistantes entre Washington et La Havane, le drapeau américain n'avait plus flotté depuis cette année-là devant le bâtiment situé sur le front de mer de la Havane. John Kerry, premier secrétaire d'Etat américain en visite à Cuba depuis 70 ans, a déclaré lors de la cérémonie qu'il était évident à ses yeux que "le chemin de l'isolement réciproque et de la séparation qu'ont emprunté les Etats-Unis et Cuba n'est pas le bon". "Il est temps de prendre une direction plus prometteuse", a-t-il ajouté. Le retour symbolique du drapeau américain intervient un peu moins de huit mois après l'annonce par le président cubain, Raul Castro, et l'américain, Barack Obama, d'une reprise des relations diplomatiques. Dans l'intervalle, Barack Obama a usé de ses pouvoirs présidentiels pour assouplir les règles en vigueur en matière de voyages et de commerce entre les deux pays mais le Congrès, contrôlé par les républicains, résiste à son appel à mettre fin à l'embargo commercial visant Cuba. Le drapeau cubain a quant a été lui été de nouveau hissé à Washington le 20 juillet, jour de la reprise formelle des relations diplomatiques entre les deux pays. ID:nL5N1002WF "UNE HONTE" Pour autant, la normalisation en profondeur des relations s'annonce plus complexe: Cuba réclame entre autres la fin de l'embargo, la restitution de la base navale de Guantanamo, dans l'est du pays, et la fin des émissions de radio et de télévision diffusées à Cuba depuis le sol américain. Les Etats-Unis, eux, demandent au régime de Raul Castro une amélioration de la situation des droits de l'homme, la possibilité pour les réfugiés ayant obtenu le droit d'asile de revenir à Cuba et une indemnisation des Américains dont les biens ont été nationalisés lors de l'arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959. "Nous restons convaincus que le peuple cubain serait mieux servi par une véritable démocratie, où les gens sont libres de choisir leurs dirigeants", a affirmé John Kerry vendredi. Le chef de la diplomatie américaine devait rencontrer des dissidents cubains à La Havane, mais seulement après la cérémonie pour éviter de froisser les autorités locales. Les opposants au rapprochement entamé à l'initiative de Barack Obama et de son homologue cubain ont dénoncé le manque d'égard réservé aux dissidents. "C'est une honte que, sur le sol de notre ambassade à La Havane, le régime cubain puisse dicter au gouvernement américain qui peut et qui ne peut pas assister à la cérémonie", a jugé dans un communiqué Bob Menendez, sénateur du New Jersey et lui-même d'origine cubaine. L'ambassade américaine est restée fermée de 1961 à 1977, année de sa réouverture en tant que simple "section d'intérêts". Dans la nuit de jeudi à vendredi, des employés ont apposé un écriteau sur lequel on peut lire "Ambassade des Etats-Unis d'Amérique" au-dessus de l'entrée du bâtiment. Selon le département d'Etat américain, le précédent chef de la diplomatie américaine qui avait posé le pied à Cuba, avant John Kerry, était un certain Edward Stettinius, qui y avait fait une brève escale le 9 mars 1945 sur le chemin du retour d'une conférence internationale à Mexico. La reprise des relations diplomatiques signifie que les diplomates américains pourront plus facilement se déplacer dans l'île et que leurs effectifs pourront augmenter. Cuba a déjà réduit le nombre des gardes affectés à la surveillance des activités de l'ambassade. (Marc Angrand et Simon Carraud pour le service français)

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