Le dossier Libye/SocGen devant la Haute Cour britannique

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    par Claire Milhench 
    LONDRES, 18 mai (Reuters) - Un contentieux entre le fonds 
souverain libyen et Société générale  SOGN.PA  autour de 
supposés pots-de-vin versés à la société d'un intermédiaire lié 
à la famille Kadhafi donnera lieu jeudi à une audience de la 
Haute Cour britannique. 
    La Libyan Investment Authority (LIA) réclame un 
dédommagement de 2,1 milliards de dollars (1,86 milliard 
d'euros) à Société générale, lié à des transactions contestées 
faites de la fin 2007 à 2009, avant l'éviction du colonel 
Kadhafi. 
    L'audience pourrait donner des indications sur le calendrier 
d'un procès qui devrait avoir lieu en janvier 2017. 
    Société générale est la seconde banque internationale 
poursuivie par le LIA, qui gère pour 67 milliards de dollars 
d'actifs, devant la justice britannique. Le fonds poursuit 
également Goldman Sachs  GS.N  pour ses avis sur un milliard de 
dollars de transactions effectuées en 2008, affirmant qu'ils 
étaient inappropriés et dénués de toute valeur. 
    Goldman Sachs s'en défend et conteste l'action engagée par 
le fonds souverain.  
    Le LIA dit aussi que Société générale a versé au moins 58,5 
millions de dollars à une société domiciliée au Panama, appelée 
Lenaida, pour des services de conseil attachés aux transactions 
contestées. 
    A cette époque, Leinada était contrôlée par l'homme 
d'affaires libyen Walid Giahmi, qui aurait été proche du fils de 
Kadhafi. Giahmi est également désigné comme prévenu dans ce 
dossier. 
    Des représentants de Giahmi, contactés à plusieurs reprises, 
n'ont pas répondu. Leinada n'ayant pas de représentation n'a pu 
être contactée. 
    Le fonds souverain dit aussi que ni Leinada ni Giahmi n'ont 
fourni le moindre service légitime à Société générale et 
poursuit en affirmant que les versements étaient des pots-de-vin 
destinés à l'inciter à endosser les transactions. 
    Le LIA n'apporte aucune preuve particulière mais il 
maintient que ni Leinad ni Giahmi n'ont démontré la moindre 
capacité de conseil ou de montage de transactions sur des 
dérives financiers. 
    Société générale s'est abstenu de tout commentaire sur ces 
affirmations.  
    Dans son rapport annuel publié en mars, elle dit les 
réfuter, ainsi que toute tentative de remettre en question la 
légalité de ces investissements. 
    Le département de la Justice des Etats-Unis avait adressé le 
8 avril 2014 à Société générale une assignation à comparaître, 
sollicitant tout document lié aux transactions avec des 
personnes physiques ou morales libyennes, LIA comprise. 
    Société générale a dit qu'elle coopérait avec les autorités 
américaines.     
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Patrick 
Vignal) 
 

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