Le dossier de la Samaritaine reviendra devant le tribunal

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LE DOSSIER DE LA SAMARITAINE REVIENDRA DEVANT LE TRIBUNAL
LE DOSSIER DE LA SAMARITAINE REVIENDRA DEVANT LE TRIBUNAL

PARIS (Reuters) - Le Conseil d'Etat a annulé mercredi le rejet du recours intenté par des associations contre des permis de construire pour la rénovation de la Samaritaine, relançant ainsi la procédure engagée contre le projet du groupe de luxe LVMH.

Le dossier est désormais renvoyé devant le juge des référés, qui devra se prononcer sur une éventuelle suspension de ce plan de transformation des anciens grands magasins en complexe commercial et social dans l'attente d'un jugement au fond.

"Le juge des référés du tribunal administratif de Paris est de nouveau saisi des deux demandes de suspension" des permis de construire, peut-on lire dans un communiqué du Conseil d'Etat.

"Le tribunal administratif reste également saisi de requêtes au fond tendant à l'annulation des deux mêmes permis."

Le juge des référés du tribunal administratif de Paris avait refusé en juillet 2013 de suspendre en urgence deux permis de construire relatifs au réaménagement de la Samaritaine.

Il avait notamment estimé que les associations de sauvegarde du patrimoine requérantes n'avaient pas respecté l'obligation légale de notifier leur démarche à l'autorité administrative et au bénéficiaire des permis de construire.

Le Conseil d'Etat, qui s'est uniquement prononcé sur la légalité de cette décision, a annulé mercredi ces deux ordonnances.

Le célèbre grand magasin parisien, qui regroupe un vaste ensemble immobilier de quatre bâtiments au coeur de Paris, entre la Seine et la rue de Rivoli, avait été fermé en 2005 pour des raisons de sécurité.

Un premier projet proposé par le numéro un mondial du luxe avait été rejeté par la ville de Paris, qui avait jugé que la surface consacrée aux logements sociaux était insuffisante.

Après modification, le groupe a obtenu en décembre 2012 le feu vert pour la construction du site de la "nouvelle" Samaritaine, qui comptera un hôtel de grand luxe, des commerces, des bureaux et des logements sociaux.

Le coût total du projet, qui atteint 450 millions d'euros, est entièrement financé par le groupe LVMH, propriétaire de l'ensemble.

La seule grande modification architecturale, selon le groupe, concernera la façade donnant sur la rue de Rivoli, pour laquelle les architectes ont imaginé un verre ondulant et sérigraphié laissant deviner les bureaux qui occuperont les étages. "L'agence Sanna a conçu son projet en gardant à l'esprit son intégration dans l'architecture parisienne", souligne la direction de la Samaritaine.

La Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF) estime que ce projet "rappelle les tristes destructions des années 1970 et pourrait constituer un fâcheux précédent."

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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