Le dossier de la récidive rouvert après l'assassinat d'Agnès

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PARIS (Reuters) - Le gouvernement laisse entrevoir de nouvelles réformes législatives après le viol et l'assassinat d'une adolescente scolarisée dans un internat de Haute-Loire, crime reconnu par un pensionnaire de 17 ans qui avait des antécédents de viol.

Une réunion était prévue à 16h30 à Matignon sous la présidence du Premier ministre François Fillon, avec les ministres Michel Mercier (Justice), Claude Guéant (Intérieur) et Luc Chatel (Education).

"La prévention de la récidive doit être une priorité absolue de tous les services de l'Etat, et en particulier de tous ceux qui ont à gérer les questions liées au viol, les questions liées aux crimes sexuels", a dit le chef du gouvernement en marge d'un déplacement à Toulon (Var).

Michel Mercier a annoncé pour sa part vouloir réformer l'évaluation de la dangerosité des personnes mises en cause pour abus sexuel.

"On voit qu'une expertise peut être faillible et qu'il faut qu'on organise mieux l'évaluation de la dangerosité, au moins dans les affaires les plus graves, et ça fera l'objet de la loi de programmation qui sera présentée au conseil des ministres la semaine prochaine", a-t-il déclaré à la presse.

Le corps calciné d'Agnès Marin, 13 ans, qui était portée disparue depuis mercredi dernier, a été retrouvé vendredi dans un bois des environs du Chambon-sur-Lignon.

Un jeune homme de 17 ans, élève de première dans le même établissement que la jeune fille, le Collège-Lycée cévenol, un internat mixte en pleine nature, a reconnu les faits. Il a été mis en examen pour assassinat notamment, la préméditation étant retenue.

LE PS DÉNONCE LA BAISSE DES MOYENS JUDICIAIRES

Mis en examen en août 2010 pour le viol d'une mineure dans le Gard, son lieu de résidence, il avait effectué quatre mois de détention provisoire avant d'être placé sous contrôle judiciaire fin 2010, mesure prévoyant sa scolarisation dans un internat et un suivi psychiatrique. Il avait été jugé "réinsérable" et sans dangerosité par les experts.

La direction du Collège-Lycée cévenol assure ne pas avoir été informée des faits précis reprochés à ce garçon, mais le père de la victime a affirmé au quotidien 20 minutes qu'elle lui avait dit le contraire "devant témoins", ajoutant qu'un incident avec une autre jeune fille l'avait amenée à envisager son exclusion en juin dernier.

Le ministre de la Justice devait réunir les parquets généraux de Nîmes et Riom et les services de la protection judiciaire de la jeunesse.

Le jeune homme était suivi par un psychologue au sein de son établissement et un psychiatre.

L'opposition socialiste a dénoncé lundi la baisse des crédits de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), institution chargée des mineurs mis en cause par la justice.

"Il y a, comme d'habitude, instrumentalisation du fait divers (...). La droite a fauté et triché avec la réalité de la violence en France. Le PS demande au gouvernement de s'expliquer sur la baisse des moyens de la PJJ aujourd'hui", a dit le porte-parole du PS, Benoît Hamon, lors de son point de presse hebdomadaire.

Le ministre de la Justice a précisé que le jeune homme respectait son contrôle judiciaire. Selon les responsables de l'établissement, spécialisé dans le suivi des élèves fragiles, sa scolarité se déroulait normalement et il était jugé "en progrès" d'un point de vue psychiatrique.

"DE L'INCONSCIENCE"

Michel Mercier a expliqué qu'un décret était déjà en préparation pour que les établissement scolaires soient informés des antécédents judiciaires des élèves admis.

"On ne savait pas. On n'a pas le droit de nous le dire et nous, on n'a pas le droit de le demander", a affirmé sur i-télé le vice-président de l'établissement du Chambon-sur-Lignon.

"Je trouve atterrant qu'on puisse, sur ordre d'un juge d'instruction, mettre un élève aussi dangereux dans un internat mixte (...), sans grillages, sans murs, sans barrières. C'est de l'inconscience", a estimé Jean-Michel Hieaux.

Selon les syndicats de magistrats, une procédure d'information risquerait d'aboutir à des refus de scolarisation des mineurs délinquants ou criminels, ce qui n'est pas favorable à leur réinsertion.

Il y a chaque année environ 10.000 viols déclarés en France, soit plus de 27 par jour, selon les statistiques 2010 du ministère de l'Intérieur.

Ce sujet de la récidive criminelle oppose vivement depuis 2007 la majorité et les syndicats de magistrats. Ces derniers jugent que le gouvernement impose des solutions illusoires tout en appauvrissant la justice.

Les syndicats critiquent l'accumulation des lois qui ont, depuis 2004, créé un fichier des auteurs d'infractions sexuelles, allongé les périodes de détention, instauré des obligations de soins, la "castration chimique" ou encore la "rétention de sûreté" après la prison - des dispositifs peu ou pas en vigueur aujourd'hui.

Les magistrats soulignent qu'aucun psychiatre ne peut prédire toutes les récidives et que, quels que soient la durée d'incarcération, l'intensité du suivi ou les dispositifs, le risque ne peut être totalement éliminé.

Thierry Lévêque avec Jean-François Rosnoblet et Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet

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  • indyta le lundi 21 nov 2011 à 14:58

    je voudrais dire un mot quant aux experts et autres responsablesnous avons eu afaire a vrai foudans une affaire criminelle ,tentative de meurtre,il avait mis la victime au meme rang que l agresseur!! et pour le juge qui afait le jugement en 1er,7 coups de couteaux de 20 cm ne constituaient pas une tentative de meurtre!!y a du boulot,Mr le President..