Le dollar renouera avec la hausse avec le redémarrage américain

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(Reuters) - Le mouvement haussier sur le dollar va repartir de l'avant le mois prochain mais sa vigueur dépendra de celle de la reprise de l'économie américaine et du calendrier de la hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed), montre une enquête de Reuters auprès de stratégistes sur les changes publiée mercredi.

La hausse de plus de 20% de l'indice du dollar vis-à-vis des principales devises pondéré par les échanges extérieurs des Etats-Unis avec leurs pays respectifs depuis l'été dernier a été freinée par le passage à vide de l'économie américaine cette année, qui a entraîné un report des anticipations de durcissement de la politique monétaire américaine.

Pour 41 des 55 stratégistes changes interrogés cette semaine, le dollar ne marque toutefois qu'une pause dans son mouvement de hausse qui devrait reprendre rapidement.

Pour beaucoup d'entre eux, la devise américaine renouera avec sa tendance haussière dès le mois prochain. Ils anticipent en effet que la présidente de la Fed, Janet Yellen, confirmera la perspective d'une hausse des taux directeurs au troisième trimestre lors de la prochaine réunion du comité de politique monétaire de l'institution.

Ils s'attendent en moyenne à ce que l'euro recule à 1,05 dollar à un horizon de six mois et à 1,04 dollar à un an.

Le nombre de prévisionnistes qui anticipent un euro à la parité voire en dessous contre le dollar a diminué à 15 contre 19 il y a un mois et 22 il y deux mois.

Les stratégistes interrogés sont aussi plus confiants sur la capacité de la livre sterling à résister à une reprise de la hausse du dollar. Ils s'attendent à un affaiblissement moins marqué du sterling à 1,50 dollar dans six moins et 1,51 dollar dans un an contre 1,53 actuellement.

La Fed a dit qu'une hausse des taux, attendue par la plupart des économistes en septembre, était conditionnée à l'amélioration des indicateurs économiques américains. Le rapport sur l'emploi pour le mois de mai pourrait servir de catalyseur si les 225.000 créations nettes d'emplois attendues par les économistes sont dépassées.

La vigueur du dollar est toutefois l'un des motifs des déceptions enregistrées sur la croissance économique américaine depuis le début de l'année.

Hormis la Banque centrale européenne (BCE) dont le programme d'achats massifs d'actifs vient de commencer et doit durer jusqu'à la fin septembre 2016, les autres grandes banques centrales sont moins enclines à de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire.

"Les autres banques centrales comptent beaucoup sur la Réserve fédérale. Et si la Fed ne relevait pas ses taux en septembre, alors des baisses de taux seraient à nouveau à l'ordre du jour ailleurs", prévient toutefois Nick Parsons, co-responsable de la stratégie sur les changes de NAB.

"La pause marquée par les banques centrales en dehors des Etats-Unis pourrait prendre fin et pourrait même prendre fin si la Fed ne faisait rien en septembre. Le point important est que le différentiel de taux serait maintenu et cela soutiendra le dollar."

Pour 33 des 44 stratégistes interrogés qui ont répondu à une question sur le sujet, la relation inverse encore le cours du pétrole et le dollar va perdurer. En conséquence, le potentiel de hausse des cours du pétrole devrait rester limité.

(Siddharth Iyer et Ashrith Doddi, Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)

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