Le «doggy bag» à la française arrive dans nos restaurants

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L'organisation patronale Umih signe officiellement ce mardi un accord avec la société TakeAway qui propose des boîtes cartonnées permettant aux clients des restaurants d'emporter ce qui reste dans leur assiette.

Après les producteurs qui se sont mis à commercialiser leurs légumes et autres produits moches, les restaurants ont décidé à leur tour de proposer leur solution antigaspi. L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) doit signer officiellement ce mardi un partenariat avec la société française TakeAway, dans le but de «généraliser la pratique du doggy bag» en France. Cette pratique américaine consiste à emporter dans une barquette les restes de son assiette au restaurant.

«Le secteur de la restauration a un rôle important à jouer dans la lutte contre le gaspillage alimentaire», souligne l'Umih dans un communiqué. Selon la Commission européenne, 14% des déchets alimentaires produits chaque année seraient générés par les restaurants, notamment à cause de l'absence de choix pour la taille des portions, des difficultés à anticiper la demande ou encore à cause de la faible possibilité pour les clients d'emporter leurs restes. À titre de comparaison, les ménages sont responsables de 42% des déchets alimentaires. Grâce à ce partenariat pérenne, l'Umih entend désormais «apporter une solution concrète et pratique aux milliers de professionnels souhaitant proposer à leur clientèle» un doggy bag.

Lancée en 2014 en Rhône-Alpes, la société TakeAway propose une boîte cartonnée microondable à emporter, mais aussi un sac pour des clients n'ayant pas terminé leur bouteille de vin. Elle travaille déjà aujourd'hui avec une quarantaine de restaurateurs dans sa région. «Cet accord nous permettra de proposer notre solution à quelque 40.000 restaurants et 10.000 hôtels affiliés à l'Umih», se réjouit Nicolas Duval, PDG de la jeune startup. «Le doggy bag n'est pas facile à mettre en place en France, où cette pratique est considérée comme un peu gênante.» Ailleurs en Europe, comme au Royaume-Uni, ou plus récemment en Belgique et en Italie, le «sac à emporter» a déjà commencé à s'installer dans les habitudes des consommateurs.

Pourtant, selon un sondage mené par la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Rhône-Alpes (DRAAF), 75% des Français seraient prêts à utiliser un doggy bag. Du côté des restaurateurs, les atouts de ce service ne sont pas négligeables, «en termes d'image de qualité, de diminution de coût d'enlèvement des déchets, de service qualitatif proposé au consommateur, d'éthique environnementale ...»

Loi «biodéchets»

«Le problème est que le consommateur se dit qu'on ne lui propose pas cette solution au restaurant, donc il ne pense pas ou n'ose pas la demander. De son côté, le restaurateur se dit que le client ne lui demande pas, donc il ne la propose pas», renchérit Nicolas Duval. «Avec notre concept, nous faisons le pont entre le restaurateur et ses clients.» Outre la «Box TakeAway», pour les restes de repas, et le «Bag TakeAway», la société fournit également la signalétique - par exemple en vitrine ou sur le menu de l'établissement - et tous les supports de communication visuelle. «Nous référençons également les restaurants qui proposent notre solution sur notre site Internet.»

Dans le cadre de la loi «biodéchets», qui oblige progressivement depuis janvier 2012 les «gros producteurs» de déchets à les trier et valoriser, les restaurants qui servent plus de 150 couverts par jour et produisent plus de 10 tonnes de déchets alimentaires par an seront soumis à cette réglementation à partir du 1er janvier 2016. Selon Nicolas Duval, «le doggy bag est l'une des pistes à l'étude pour limiter ces déchets».

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  • frk987 le mardi 7 avr 2015 à 13:13

    Un chien n'a pas le régime alimentaire de l'homme, vous les empoisonnez avec vos restes. Son système digestif est profondément différent.

  • faites_c le mardi 7 avr 2015 à 12:02

    Plutôt que de proposer des "doggy bags" si les restaurateurs posaient la question à leurs clients sur l'état de leur appétit et s'ils souhaitent une assiette qui déborde ou une part de taille plus réduite? Il faut arrêter de prendre les clients pour des demeurés et considérer que tous les clients exigent d'avoir une assiette qui déborde parce que c'est compris dans le prix!