Le Directeur de la sécurité de l'Euro 2016 dit qu'il n'y a pas de solution de repli

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Alors que la sécurité devient l'enjeu majeur de l'organisation de l'Euro2016, le Directeur de la Sûreté et de la Sécurité de l'Euro 2016 SAS, Ziad Khouri, affirme qu'il n'y a pas de solution de repli en Allemagne.

Ziad Khouri, Jacques Lambert dit être préoccupé par la sécurité, mais que cela ne « l’empêche pas de dormir. » Vous qui êtes responsables de la sécurité pour l’Euro, dormez-vous bien ?
C’est une préoccupation au sens où il faut bien préparer les choses et ne rien laisser au hasard. Le but, c’est d’avoir une sécurité optimale. Mais on sait bien qu’on ne peut pas tout maîtriser. La question n’est donc pas de bien ou mal dormir, je dors plutôt bien, mais de savoir qu’on a fait tout ce qu’il fallait pour que les gens viennent en confiance et sans avoir de souci.

A quoi correspondent les 15% d’augmentation du budget sécurité depuis les attentats de janvier et novembre 2015 ?
L’augmentation est peu liée au stade, où nous avions déjà plus de stadiers que pour un match de football normal. C’est un peu réévalué à la hausse car on va contrôler certains accès. Ce qui augmente c’est tout ce qui touche aux hôtels, aux entraînements, à ce qui est lié à la vie des équipes car il faut être un peu plus présent, certaines équipes peuvent attirer du monde et pas forcément pour des actes bienveillants. Mais cette hausse était déjà intégrée dans le budget car on avait une marge. On ne transforme pas les choses, on ne transforme pas notre concept de sécurité.

Les fans zones sont dans le cahier des charges de l’UEFA, mais sont à la charge des collectivités territoriales qui réclament aujourd’hui l’aide de l’UEFA pour financer les surcoûts de sécurité. Comment vous positionnez-vous sur ce sujet et quelles sont vos propositions ?
D’abord il faut se réjouir que tout le monde converge pour un niveau de sécurité plus élevé sur les fans zones. Il y a eu des discussions : il y aura aussi des fouilles, des inspections, des lieux clos. Les fans zones se rapprochent un tout petit peu de la notion de stade, mais restent des lieux gratuits, et des lieux de fête. Simplement, les gens doivent se sentir en sécurité. Nous y contribuons en fournissant des écrans, et un certain nombres de choses. Pour la sécurité, il y aura un concours de l’UEFA, mais je ne peux pas encore l’annoncer car c’est en cours de discussion. L’Etat aussi a apporté beaucoup de concours, par la vidéosurveillance notamment. Et ensuite les villes en tant qu’organisateurs ont leur responsabilité pour trouver les services de sécurité nécessaire. La sécurité a un coût, c’est normal de mettre un peu de moyen, mais on ne fait pas de surenchère, on met les moyens nécessaires pour un niveau optimal de sécurité. Ce n’est pas la peine de déployer des moyens qui seraient mal préparés, ce qu’il faut c’est que chacun travaille bien avec les autres afin d’atteindre une bonne coordination et un bon niveau de sécurité.

Avant d’arriver au stade, un nouveau cordon de sécurité sera déployé en amont : est-ce que ça appartient à l’espace public ou est-ce que ça fait partie des stades ?
Depuis le départ, nous avons prévu qu’il y aurait une étape de contrôle supplémentaire. Le périmètre du stade est plus éloigné. Ça fait partie du stade. Du coup, le stade commence plus tôt que les guichets ou des tripodes habituels, c’est une zone tampon qui permet aussi de déployer des installations techniques des animations, donc le premier niveau de contrôle qui est le plus important avec la fouille et le contrôle du billet, se passe plus loin du stade, ça permet de mieux organiser les flux. On est très vigilant là-dessus. C’est là où ça se joue, c’est la frontière entre notre responsabilité de sécurité et la présence policière qui se trouve aussi à ces accès et qui pourrait intervenir s’il y avait un événement particulier.

Khouri : « On ne découvre pas le risque d’attentats »

Les événements de janvier et novembre 2015 ont changé quoi dans votre métier ?
Le premier changement des attentats, ce n’est pas pour moi, mais pour ceux qui observent les questions de sécurité. Le regard sur l’événement a un peu changé. La pression sur l’événement a changé de nature. Mais nous, nous étions déjà dedans. Nous avons été amenés à réévaluer le nombre de stadiers à la hausse, à renforcer certaine mesures d’accès avec détection d’explosifs et de métaux, etc. Donc on relève des curseurs qui étaient déjà là. On n’a pas découvert un risque particulier après les attentats. On avait déjà anticipé ce risque. Ça avait déjà existé dans le passé. On a été conduit à rendre le dispositif plus robuste.

On a parlé d’essais de ce service de sécurité ? Est-ce que ces essais ont été faits ?
On a fait beaucoup d’exercices avec l’Etat, des exercices d’organisation de secours ou NRBC pour le risque nucléaire ou bactériologique, on a fait des essais en salles, au niveau national ou local, il y en aura d’autres qui seront prévus dans tous les stades. Il y aura au moins un exercice supplémentaire grandeur nature. Dans une certaine mesure, car on ne remplit pas tout le stade.

La Gazzetta dello Sport affirmait cette semaine que l’Euro pourrait être déplacé en Allemagne si le risque était trop grand. Est-ce vrai ?
Non ce n’est pas une possibilité car nous sommes prêts à organiser l’Euro 2016. Il y a quelques détails à régler, mais c’est quelque chose qui s’annonce bien. Après, dans la vie, on ne sait pas ce qui arrive. Mais on n’est absolument pas dans une logique de spéculer car nous notre boulot c’est que tout se passe bien.

Il n’y a donc pas de solution de repli ?
Non, il n’y a pas de solution de repli et il n’y aura pas de besoin de repli.

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