Le directeur de Human Rights Watch refoulé d'Egypte

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(Actualisé avec réactions de HRW, autorités de l'aéroport) par Maggie Fick LE CAIRE, 11 août (Reuters) - La directeur de Human Rights Watch (HRW) et une autre responsable de l'organisation de défense des droits de l'homme américaine ont annoncé lundi avoir été refoulés d'Egypte pour "raisons de sécurité" après avoir été détenus pendant 12 heures à l'aéroport du Caire. Kenneth Roth et Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, devaient participer mardi à la présentation d'un rapport sur les massacres répétés de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi par les forces de sécurité égyptiennes l'an dernier. Les autorités du Caire, qui ont décrété les Frères musulmans "organisation terroriste", ne font aucune distinction entre les manifestants islamistes et les groupes armés qui ont multiplié les attentats contre les forces de sécurité au cours de l'année écoulée. Kenneth Roth a annoncé dans un communiqué que le rapport serait publié mardi comme prévu et il a déploré que le président Abdel Fattah al Sissi, qui était à la tête de l'armée quand celle-ci a renversé Mohamed Morsi, cherche à faire taire toutes les voix discordantes. "Nous venions en Egypte pour publier un rapport sérieux sur des sujets graves qui nécessitent la plus grande attention de la part du gouvernement égyptien", écrit le directeur de l'organisation non-gouvernementale. "Au lieu d'empêcher le porteur de ce message d'entrer en Egypte, les autorités égyptiennes devraient se pencher sérieusement sur nos conclusions et nos recommandations, et y répondre de manière constructive", ajoute-t-il. "UNE SEULE VERSION" Commentant son expulsion sur son compte Twitter, Sarah Leah Whitson a elle manié l'ironie: "La nouvelle Egypte, certainement en 'transition' (vers la démocratie)", a-t-elle écrit. Les autorités aéroportuaires ont indiqué que Kenneth Roth et Sarah Leah Whitson avaient été refoulés à la demande de responsables des services de sécurité dont elles n'ont pas précisé l'identité. Aucun responsable gouvernemental égyptien n'a pour le moment souhaité répondre aux sollicitations de Reuters. Omar Shakir, l'auteur principal du rapport qui détaille le massacre de centaines de manifestants islamistes - dont près d'un millier dans la seule journée du 14 août 2013 sur la place Rabaa al Adaouia au Caire - a précisé que les deux responsables de HRW devaient quitter l'Egypte lundi dans des vols séparés. Il a souligné que lui et ses collègues espéraient débattre des conclusions du rapport avec les représentants de la société civile égyptienne. "Il semble cependant que les autorités aient décidé qu'une seule version de l'histoire pouvait être entendue en Egypte. Nous réduire au silence n'effacera pas ce qui s'est passé il y a un an", a dit Omar Shakir à Reuters. "Nous continuerons à demander que les responsables de graves abus rendent des comptes (devant la justice)", a-t-il ajouté. (Tangi Salaün pour le service français, édité par Marc Angrand)

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