Le diable de Tasmanie au plus mal

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Le DFDT pourrait décimer une biodiversité déjà mal en point.
Le DFDT pourrait décimer une biodiversité déjà mal en point.

Petit et hargneux, le diable de Tasmanie devra se montrer moins d'agressivité s'il ne veut pas se tirer une balle dans le pied.


C'est en filigranes ce que révèle une étude réalisée par une équipe de chercheurs de l'Université de Tasmanie (Australie) selon laquelle une maladie cancéreuse infectieuse propre à l'espèce, le Devil Facial Tumour Disease (DFTD), qui se traduit par des difficultés à se nourrir et peut provoquer la mort par manque d'alimentation, se propagerait à grande vitesse quand un spécimen en mord un autre. Les spécialistes ont par ailleurs constaté que les diables avec le moins de morsures, c'est-à-dire les plus agressifs, sont plus susceptibles de développer ladite maladie.


Paradoxalement, ces spécimens-ci, au lieu d'être à l'origine de la majorité des transmissions, sont au contraire les plus exposés. Autrement dit, les individus les plus belliqueux contracteraient plus facilement la maladie à force de morsures contre ses congénères.



Le suicide d'une biodiversité ?



« Nous espérons qu'il y aura une sorte de coévolution vers la coexistence entre le diable de Tasmanie et la maladie », a commenté Rodrigo Hamede, directeur de l'étude interrogé par nos confrères du Guardian. Il est en effet possible que l'évolution finisse par rendre le diable de Tasmanie moins agressif envers ses congénères et que le DFTD finisse par s'éteindre de lui-même. Comprendre les circonstances comportementales et écologiques associées à la transmission de la maladie apparaît en fait comme la clef pour endiguer la pandémie qui touche actuellement l'espèce.


Précisons que la population du diable de Tasmanie a diminué de 80 % depuis 1996 et que l'animal a rejoint la liste rouge desespèces menacées de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en 2009. Si l'écosystème de l'île australienne n'est pas tout entier menacé par le DFDT, les autorités devront tout de même faire de sérieux efforts en matière de protection de l'environnement. Sans quoi l'un des animaux emblématiques de l'Australie finira par disparaître.


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