Le DGA veut accélérer les fusions après la présidentielle

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PARIS (Reuters) - La consolidation du secteur français de la défense n'en est qu'à ses débuts et le gouvernement issu des urnes en mai devra relancer le

processus le plus vite possible, a estimé mardi Laurent Collet-Billon, le délégué général pour l'armement (DGA) .

Les équipementiers Safran et Thales ont annoncé juste avant Noël un projet de création d'une coentreprise à parité dans l'optronique, bien en deçà d'un

schéma d'échange d'actifs ambitieux envisagé pendant près de deux ans sous la pression de l'Etat.

Ce dernier, actionnaire des deux groupes, cherche à réduire les doublons dans le secteur de la défense afin de faire des économies et faire face à la disette

budgétaire.

"On n'est absolument pas au bout de ce qu'il faut faire", a déclaré Laurent Collet-Billon à Reuters en marge d'une conférence organisée par le journal Les

Echos.

"Il y a beaucoup de choses qui sont encore à faire et qu'il faudrait faire extrêmement vite" après l'élection présidentielle

a-t-il ajouté.

"Tout ce que vous ne faites pas dans les 100 jours ou dans les six mois qui suivent, c'est foutu."

PAS DE DEMI-MESURES

Esquissant un pas vers la consolidation du secteur de la défense, Thales a porté fin 2011 sa participation dans le constructeur militaire naval DCNS de 25%

à 35%, tout en entamant des discussions avec Nexter, le fabricant du char Leclerc.

Thales et Nexter songent à rapprocher leurs activités de munitions, Nexter Munitions et TDA Armements, qui ont réalisé des chiffres d'affaires

respectifs d'environ 150 millions et 100 millions d'euros en 2010.

Thales pourrait dans le cadre de cette transaction prendre une participation minoritaire dans Nexter et les deux groupes envisagent un accord de

coopération technologique et commerciale.

Mais pour Laurent Collet-Billon, l'industrie française de la défense doit envisager des restructurations plus radicales avec des fusions d'entreprises plutôt

que des opérations de rapprochement limitées.

"Il ne faut pas s'arrêter à des demi-mesures où Thales prend 25% de Nexter : ou Thales prend tout Nexter ou (il ne prend) rien", a estimé Laurent Collet-

Billon.

Le haut fonctionnaire juge que Thales, dont Dassault Aviation, détient 26%, est bien parti pour être le pivot de la consolidation du secteur.

Des banquiers d'affaires mentionnent fréquemment une éventuelle fusion entre Safran et Thales comme un objectif à terme pour l'industrie de la défense

française, préalable à une vague de concentration paneuropéenne.

Les spéculations vont actuellement bon train sur une éventuelle offre d'achat de Safran sur le fabricant italien de moteurs d'avions, Avio.

Cyril Altmeyer, édité par Julien Ponthus

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