Le DG de Boeing attendu au tournant après une année tumultueuse

le
0
    par Alwyn Scott et Andrea Shalal 
    17 février (Reuters) - Le centenaire du groupe Boeing  BA.N  
sera célébré cette année sous des augures mitigés et son nouveau 
directeur général, Dennis Muilenburg, va devoir rassurer les 
actionnaires mercredi après-midi quant aux résultats et à la 
stratégie du groupe dans le secteur militaire. 
    L'action Boeing a chuté à Wall Street la semaine dernière 
après l'annonce dans la presse de l'ouverture d'une enquête par 
les autorités boursières américaines sur certaines des méthodes 
comptables de l'avionneur -- annonce que ni l'entreprise, ni la 
Securities and Exchange Commission (SEC) n'ont confirmée. 
  
    Même après un léger rebond mardi qui se confirme en début de 
séance mercredi, l'action accuse un recul de 20% depuis le début 
de l'année. 
    De plus, le groupe a déclaré avoir accumulé plus de 30 
milliards de coûts différés pour son Boeing 787, que certains 
analystes craignent de voir apparaître dans ses résultats sous 
forme de charges. 
    Lors de la conférence du groupe en Floride, où Dennis 
Muilenburg doit s'adresser aux investisseurs mercredi à partir 
de 15h00 GMT, plusieurs questions se posent donc au dirigeant. 
    D'un côté, les responsables du groupe clament que l'essor du 
secteur de l'aviation civile est là pour durer. Boeing a 
d'ailleurs annoncé mardi qu'il augmenterait de 20% les cadences 
de production du 787 d'ici l'été, pour en produire 12 par 
mois.   
    D'un autre, les incertitudes liées à la croissance mondiale 
et au prix bas du pétrole -- qui ne pousse pas les compagnies à 
renouveler leur flotte pour acheter des avions moins gourmands 
en kérosène -- ont persuadé certains analystes de la fin des 
années prospères du secteur. 
    Autre mauvais signe, une agence fédérale américaine a rejeté 
mardi la requête de Boeing qui contestait le contrat de 21,4 
milliards de dollars (19,3 milliards d'euros) décroché par son 
concurrent Northrop Grumman  NOC.N  pour mettre au point de 
nouveaux bombardiers, avec une option sur les 21 premiers 
avions. 
    La décision constitue un revers considérable pour les 
activités militaires du groupe, précédemment dirigées par Dennis 
Mullenburg, d'autant que la production des avions de chasse F-15 
and F/A-18 doit toucher à sa fin dans les prochaines années. 
    Après avoir perdu le marché des avions de chasse F-35 face à 
son concurrent Lockheed en 2001, le groupe a eu du mal à trouver 
des acheteurs étrangers pour ce type d'avions. Le processus 
d'aval des autorités américaines pour la vente de F-15 au Qatar 
et de F/A-18 au Koweït étant au point mort, l'avionneur a dû 
mettre la main à la poche pour assurer la production. 
    Plus d'un milliard de dollars lui a en outre été prélévé en 
charges avant impôts sur ses avions de ravitaillement KC-46A, 
développés pour l'aviation américaine. 
    Pour compenser le ralentissement des ventes dans le secteur 
civil, Boeing a besoin de nouvelles acquisitions dans le domaine 
de la défense, estime Loren Thompson, consultant en affaires 
militaires à  Washington. "Il est difficile de voir comment les 
revenus pourraient croître dans le futur, si ce n'est par une 
acquisition", a-t-il dit. 
    Dans le passé, le groupe a envisagé d'acquérir la branche 
américaine du britannique BAE Systems et même des parts de 
Northrop Grumman, mais ces intentions ne se sont jamais 
traduites par des offres en bonne et due forme, selon des 
sources proches des dossiers.  
    Dans l'aviation civile, Boeing dit prévoir une hausse de 6% 
du trafic passagers cette année, et les perpectives pour le 
marché des avions commerciaux restent solides. 
    Cependant, le groupe a déçu la semaine dernière en annonçant 
des livraisons en baisse cette année de son avion de ligne le 
plus vendu, le Boeing 737, à l'heure où son successeur, le 737 
MAX, entre en production. Le déclin devrait être compensé en 
2017, assure-t-il. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant