«Le développement du solaire est inévitable»

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INTERVIEW - Pour André Joffre, vice-président d'Enerplan, on discrédite la filière solaire au moment où elle décolle.

LE FIGARO. -Comment réagissez-vous à la réduction de l'aide fiscale pour les installations solaires?

André Joffre. -Je suis révolté par une succession de décisions qui empêchent les investisseurs d'avoir de la visibilité. Nous avions recommandé la baisse du tarif pour le collectif et la baisse du crédit d'impôt pour les particuliers, car il faut éviter les effets d'aubaine. Mais nous regrettons la rapidité et l'absence de concertation sur ces mesures. Le gouvernement pourrait attendre le 1er janvier pour appliquer la baisse du crédit d'impôt. Les installations de panneaux solaires dans les prochains mois chez les particuliers correspondent à des commandes déjà passées, mais les factures tomberont après l'entrée en vigueur des nouvelles mesures.

La filière solaire française est-elle menacée?

Les toutes petites entreprises d'installateurs sont les plus vulnérables. Cela fait trente ans que je travaille dans le solaire - des hauts et des bas, j'en ai vu. J'ai l'impression qu'on veut jeter le discrédit sur la filière au moment où elle décolle. En deux ans, le prix des panneaux a baissé de 50%. On observe la même chose pour l'éolien, qui devrait être compétitif dans deux ans et qui subit aussi des entraves dans la loi Grenelle 2. C'est un combat d'arrière-garde.

Que proposez-vous pour soutenir le solaire en France?

Il faudrait mettre les bouchées doubles, conforter les mesures très positives que sont le crédit d'impôt pour la recherche ou le lancement des pôles de compétitivité. Une filière, pour déboucher sur des applications commerciales, doit marcher sur deux jambes, la R & D et le marché, qu'il faut soutenir au début. Paradoxalement, je suis très optimiste. Le développement du solaire est inévitable. Avec le Grenelle de l'environnement, qui vise à diviser par deux la consommation énergétique des bâtiments dès 2012; ou encore la directive européenne, qui oblige à construire des bâtiments «à énergie positive» dès 2018 pour le collectif et en 2020 pour l'habitat individuel, les panneaux solaires intégrés au bâti vont se banaliser. Ces dispositions vont entraîner une vraie révolution.

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