Le deuxième cimetière musulman de France inauguré à Strasbourg

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UN CIMETIÈRE MUSULMAN INAUGURÉ À STRASBOURG
UN CIMETIÈRE MUSULMAN INAUGURÉ À STRASBOURG

STRASBOURG (Reuters) - Le cimetière musulman de Strasbourg, dont la réalisation a été permise par les règles du droit local d'Alsace-Moselle, a été inauguré lundi en présence des représentants de l'Etat et des cultes musulman, juif, protestant et catholique.

Il devient le deuxième cimetière musulman public de France après celui de Bobigny, créé il y a 75 ans sous statut privé mais placé depuis 1996 sous l'égide de quatre communes de Seine-Saint-Denis.

"C'est un événement que je qualifie d'historique pour la communauté musulmane d'Alsace et de tout l'Hexagone", a déclaré Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman.

"Certaines municipalités n'ont pas encore intégré le fait que de plus en plus musulmans souhaitent être inhumés en France", a-t-il ajouté en référence au petit nombre de carrés musulmans dans les cimetières publics, 200 en tout, selon lui.

Il n'y en avait que 70 fin 2008, a-t-il cependant reconnu.

"Certains nous reprochent de favoriser le communautarisme", a dit Pernelle Richardot, adjointe au maire chargée de l'état-civil et l'une des chevilles ouvrières du projet.

"L'intégration ne se décrète pas, elle se construit pas à pas, petit à petit et sur le long terme", a-t-elle répondu. "Permettre à un gamin de venir demain parler à son grand-père enterré ici et non au loin, c'est aussi donner à ce gamin la possibilité de se construire un avenir."

UN MILLIER DE SÉPULTURES

Si la loi française du 14 novembre 1881 interdit de créer des cimetières confessionnels, des circulaires ministérielles de 1975 et de 1991 autorisent le regroupement des tombes d'une même confession dans des espaces spécifiques.

Le droit local d'Alsace et de Moselle, mélange de droit français d'avant 1871 et de droit allemand, ne connaît pas cette interdiction.

Les collectivités locales se doivent de veiller "à ce que chacun puisse disposer d'un lieu d'inhumation particulier dans les communes où on professe plusieurs cultes", a rappelé Roland Ries, maire socialiste de Strasbourg.

Il s'est félicité que le projet, engagé il y a trois ans avec les représentants du culte musulman pour pallier la saturation prochaine des carrés existants, ait été approuvé à l'unanimité en juin 2010 par le conseil municipal, toutes tendances politiques confondues.

D'une surface d'un hectare et demi qui pourra être doublée dans le futur, le "cimetière public musulman", comme le mentionnent les panneaux apposés à l'entrée, est accolé au cimetière sud de la ville dont il reste séparé par des clôtures.

Il peut accueillir un millier de sépultures.

Pour permettre le respect des rites, il est doté de salles d'ablution et d'un espace où la famille peut recevoir les condoléances.

L'orientation des sépultures vers la Mecque, comme dans les carrés musulmans, est respectée.

Une convention signée avec le Conseil régional du culte musulman prévoit en revanche que les corps soient mis en bière et puissent être exhumés au bout de quarante ans pour être placés dans un ossuaire, compromis avec la tradition qui veut que le corps reste en terre ad vitam aeternam.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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