Le "désespoir" pousse les musulmans belges marginalisés en Syrie

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par Robin Emmott BRUXELLES, 16 janvier (Reuters) - Parmi les Européens se battant en Syrie et en Irak, ceux venus de Belgique se montrent parmi les plus zélés, un phénomène mis en lumière par la mort de deux personnes dans un raid antiterroriste mené jeudi par la police du pays, qui trouverait ses racines dans un sentiment de désespoir ressenti par nombre d'entre eux. La police belge a mené jeudi une opération antiterroriste à Verviers, près de Liège, au cours de laquelle deux personnes appartenant à un groupe qui préparait des "attaques terroristes d'envergure" ont été tuées, a annoncé un substitut du procureur. ID:nL6N0UU4UV Pour l'instant aucun lien formel n'a été établi avec les attaques terroristes menées la semaine passée à Paris qui ont coûté la vie à 17 personnes, a-t-il ajouté. Les enquêtes menées en Belgique avaient commencé avant l'attaque par les frères Chérif et Saïd Kouachi contre le journal Charlie Hebdo le 7 janvier. Si l'attaque contre le journal satirique a mis sur le devant de la scène la menace que représentent en France des musulmans radicalisés de retour de Syrie, des données montrent que, au cours des dernières années, c'est la Belgique qui, si l'on compte par habitants, afourni le plus grand nombre de citoyens allant combattre en Syrie. Même en chiffres absolus, avec une population bien moins importante, la Belgique arrive en troisième position derrière la France et la Grande-Bretagne, avec près de 300 ressortissants belges qui ont quitté le pays pour aller combattre entre fin 2011 et décembre 2013, selon le club de réflexion International Centre for the Study of Radicalisation (ICSR), basé à Londres. Le gouvernement estime à 170 le nombre de Belges combattant en Syrie, total auquel il faut ajouter les 40 ressortissants du pays qui y ont trouvé la mort, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, ajoutant que les combattants qui reviennent en Belgique font l'objet d'une enquête et d'une surveillance. "Cela fait un moment que nous voyons la Belgique comme étant au centre des événements", a déclaré Matthew Levitt, spécialiste du terrorisme islamiste au sein de Washington Institute, qui se rend souvent en Belgique pour étudier ces questions. "Il suffit de se promener autour de la capitale", ajoute-t-il. Si Bruxelles, la capitale du pays, est connue à travers le monde pour être le siège de l'Union européenne, certains des quartiers périphériques de la ville connaissent un taux de chômage des jeunes très élevé, avec par exemple un ratio à 50% à Molenbeek. Même s'il est difficile d'établir pourquoi tant de jeunes musulmans belges se rendent en Syrie, les racines de leur marginalisation, de leur colère, sont à chercher du côté des quartiers les plus pauvres de la ville, estime Laurette Onkelinx, ancienne ministre de la Justice. "Le désespoir est certainement l'un des principaux facteurs d'explication. Quand on est désespéré, quand on a l'impression de n'avoir aucun avenir, on est beaucoup plus facilement des proie pour ceux qui prêchent la haine", a-t-elle dit sur la chaîne de télévision RTBF. Selon l'OCDE, la Belgique fait partie des pays industrialisés ayant le taux de chômage des jeunes le plus élevé. Beaucoup d'immigrants originaires d'Afrique du Nord étaient venus dans les années 1960 pour travailler dans la sidérurgie et l'industrie automobile. Mais, avec la fermeture de nombre de sites industriels au cours des deux dernières décennies, leurs descendants n'ont pas eu les mêmes débouchés que leurs parents. Ils sont également confrontés à une forme de discrimination en raison de leur appartenance à la communauté musulmane, qui représente environ 6% de la population belge. (Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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  • M8951316 le vendredi 16 jan 2015 à 10:18

    pas de travail mais pourquoi continué à les faire venir ??

  • M4484897 le vendredi 16 jan 2015 à 09:38

    Ces gens ont une double nationalité, pourquoi ne donne t'on pas l'autre? Ils ne sont pas intégrés et ne méritent donc pas la nationalité de leur pays d'accueil

  • miez1804 le vendredi 16 jan 2015 à 09:15

    Il faut leur payer le billets d'avion (allé simple) pour la Syrie, la il seront un peu moins desespere, peut-etre!

  • Pienegro le vendredi 16 jan 2015 à 08:56

    Quand on est dans le desespoir et on se dit combattant on prend le taureau par ses cornes et on tente tout pour se relever en bossant pas en faisant exploser ses voisins!S'ils ont envie de mettre fin à leur vie c'est leur problème pour cela l'humain à inventé le suicide! Dans l'intimité et la dignité pas en enlevant des vies d'innocents...