Le désengagement des investisseurs institutionnels français inquiète l'Afic

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(NEWSManagers.com) -
Si le capital investissement remonte doucement mais sûrement la pente depuis la crise financière, le tableau dressé par l'Afic de son activité au premier semestre 2010 demeure contrasté. Ainsi, lors de la présentation des résultats de l'étude sur l' activité des acteurs français du capital investissement sur la période, Hervé Schricke, président de l'association, pointe le faible niveau des levées de fonds. Et si le rebond amorcé fin 2009 semble se confirmer, avec 1,57 milliard d' euros levés (+51 % sur un an), les montants " restent très largement en-deçà des niveaux ante crise. Résultat, l' AFIC s' inquiète désormais pour la capacité des investisseurs en capital de continuer de financer efficacement les PME à l' avenir" , souligne-t-il.


Les banquiers et les assureurs français, historiquement au premier rang des souscripteurs du capital-investissement, poursuivent leur désengagement de cette classe d' actifs, note l'étude. Avec respectivement 146 millions et 116 millions d'euros levés, ces deux catégories d'investisseurs ne représentent plus que 17 % du total levé au premier semestre 2010. En 2009, ils comptaient pour 29 % du total. De fait, ils sont aujourd'hui devancés par les personnes physiques et les family offices (respectivement 313 et 193 millions d' euros). Cependant, les fonds levés par le biais du dispositif fiscal FCPI/FIP marquent le pas, constate l'Afic. Au premier semestre c' est principalement le retour des fonds de fonds - avec 240 millions d' euros levés - et des investisseurs institutionnels internationaux, qui représentent désormais un tiers des montants levés, qui a permis aux levées de fonds de repartir à la hausse. " C'est à l'étranger et sur ce type de souscripteurs qu'il faudra désormais des perspectives pour améliorer les levées de fonds, car nous avons atteint un plafond sur les fonds " retail" . Quant aux investisseurs institutionnels français, ils demeurent timides" , analyse Chloé Magnier, économiste à l'Afic.

La frilosité des institutionnels français s'explique principalement par un environnement réglementaire " de plus en plus contraignant" , selon Hervé Schricke. C'est pour cette raison que le président de l'Afic continuera de plaider la cause du capital investissement auprès des régulateurs européens et français. " Nous avons récemment travaillé avec l'Edhec sur une étude ayant pour sujet Solvency II, afin de libérer les assureurs de certaines contraintes, notamment sur les actions non-cotées" , précise-t-il.

Cela étant, l'étude sur le semestre 2009 présente également de bonnes nouvelles. Avec un total de 2,974 milliard d' euros, soit une hausse de 67 % sur un an, les montants investis au premier semestre 2010 " confirment une reprise du capital-investissement en France" , note l'Afic. C'est surtout le capital-développement qui a confirmé son rôle dans la chaîne de financement des PME : 815 millions d' euros (+16 %) ont été investis au premier semestre 2010 dans 485 entreprises. Les investissements reviennent ainsi aux niveaux antérieurs au premier semestre 2008. Cependant, l' étude rappelle qu' en France " le financement de l' innovation est en danger" . Le capital-risque voit les montants investis baisser en un an de 20 % pour atteindre 284 millions d' euros.

info NEWSManagers

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